LA Priest: « Gene »

Armé d’une boîte à rythmes modulaire conçue et construite par lui-même, l’ancien frontman de Late Of The Pier se promène dans son élément, se réorientant vers la périphérie – une pulsation artérielle fiévreuse faisant avancer le courant d’évasion ququel il a donné ici le nom de Gene. Naviguant entre son domicile au nord du Pays de Galles, la côte sud de l’Angleterre et la Californie tout en enregistrant cette deuxième entrée sous la bannière LA Priest, l’existence de Sam Dust a objectivement, du moins dans un sens physique, occupé un terrain disparate depuis environ un an.

D’un point de vue stylistique, l’énigmatique chanteur continue de défendre le modèle de brouillage de l’identité qui a d’abord frappé sur Inji ; un premier album qui a erré dans l’abandon nomade entre le disco, l’électronique et les frontières expérimentales. Un foyer d’avant-garde que Dust a encore renforcé avec le side-project Soft Hair de 2016, aux côtés de Connan Mockasin, où les structures day-glo du nu-rave, tout comme le genre lui-même, ressemblaient à un souvenir lointain et brumeux.

Le fondateur du label Phantasy et complice de longue date de Dust, Erol Alkan, revient pour coproduire le dernier-né d’un partenariat qui remonte à l’époque de la chaîne Fantasy Black Channel ; tous deux en mode convivial sur Gene, régi comme il l’est par des battements souterrains en tenailles jusqu’à une finition générale brillante.

Ce plan circule, dans sa forme la plus agile, à travers les fébriles atours électro-funk de « What Moves », un premier temps fort qui porte l’allure décalée qui a stimulé la visibilité renouvelée de Dust en quelque sorte au cours des cinq dernières années. Une magie tordue sature de la même manière « Sudden Thing », dont les cordes sirupeuses des années 70 donnent une finesse Roxy Music de l’époque de Country Life-Easy, liée à une imagerie lyrique intense : « Tomber en plein soleil / Tourbillonner / Se faire dévorer par les parasites / Danser à marée basse / Saigner quand l’eau est haute » (Falling in sunlight / Whirling / Eaten by parasites / To dance on a low tide / To bleed when the water’s high). Les pirouettes vocales à la David Sylvian de « Beginning » et de « What Do You See », aux accents reggae, sont des curiosités supplémentaires sur une liste de chansons qui reste en place pendant la plus grande partie de ses quarante minutes.

Tout comme son prédécesseur, Gene fusionne des envolées d’accessibilité en parallèle avec le peu orthodoxe, atteignant une profondeur de ton qui évoque à la fois un malaise ténébreux et gazouillant, et se vante dans une égale mesure d’éclaboussures de brillance psycho-pop non troublée. Les gâteries pour oreilles se déploient en succession rapide, la poussière vient à bout de l’inventivité et de l’ingéniosité familières qui peuvent parfois sembler rares.

***1/2

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