Muzz: « Muzz »

En cette année de changement radical au sein de l’industrie de la musique, l’un des plus récents groupes de 2020, Muzz, s’est tranquillement formé et a sorti un premier album éponyme. Paul Banks d’Interpol ouvre la voie, avec le trio complété par le multi-instrumentiste et producteur Josh Kaufman (de Bonny Light Horseman) et Matt Barrick (batteur de The Walkmen, entre autres). Ensemble, ils ont créé un projet collectif passionné, dont la réalisation a duré plusieurs années. Pour un « supergroupe » autoproclamé, Muzz n’est pas du tout tape-à-l’œil ; c’est plutôt une expression créative familière mais rafraîchissante inspirée du rock classique des années 70 avec un soupçon d’Americana. 

Le disque s’ouvre sur « Bad Feeling », plantant le décor avec un tempo détendu et un son qui ressemble à un soupir, avant d’entrer dans un outro jazzy et chatoyant rempli de cornes. Cette sensation de décontraction se poursuit tout au long des morceaux suivants (et surtout tout l’album). « Evergreen » montre le souci du détail de sa production – elle est électronique et mélancolique – tandis que « Red Western Sky » accélère le rythme avec des couches instrumentales intéressantes composées de cuivres et d’orgue de façon presque festive. Les morceaux psychédéliques comme « Patchouli » et « Summer Love » ont un côté obsédant et peuvent être appréciés pour leur composition, même s’ils n’osent que rarement quitter leur bulle de notes familières : ils risquent de s’effacer au profit d’une musique de fond. 

Le groupe visant une ambiance « cosmique », leur album scintille certainement et semble éthéré par endroits – surtout avec l’orgue, les percussions légères et des paroles telles que « I watch you dream, it’s heavenly ». Cependant, Muzz peut être à la limite de la douceur. Son rythme s’anime sur des morceaux comme « Knuckleduster » et « How Many Days », avec une impressionnante étendue de guitare électrique et de batterie jazz-beat. L’album fait preuve d’une certaine polyvalence, mais dans l’ensemble, il y a une volonté collective de s’en tenir à la réflexion et à la réflexion. En y regardant de plus près, les paroles, auxquelles les trois membres ont contribué, révèlent une réflexion personnelle, poétique et cryptique.

Le terme « muzz a été utilisé par Kaufman pour décrire la texture du son dans les enregistrements plus anciens ; en effet, Muzz donne une impression presque vintage dans cet album épuré et sophistiqué. Loin du post-punk d’Interpol et bien que plus proche du travail de Kaufman sur des groupes comme The War on Drugs, nous avons ici un chant graveleux aux côtés de délicates glissades de guitare qui appartiennent fièrement à un tout nouveau groupe. Ce n’est peut-être pas pour tout le monde, et il faudra peut-être écouter attentivement le flair instrumental en couches, mais en fin de compte, c’est une nouvelle production sans compromis créée par trois artistes très compétents qui collaborent et s’amusent avec la musique qui les passionne vraiment.

***1/2

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