Katie Von Schleicher: « Consummation »

Katie Von Schleicher, basée à Brooklyn, s’est montrée très glamour et décousue sur son album de 2017, Shitty Hits. En enregistrant directement sur l’un de ces quatre titres très appréciés denregistrés sur Tascam, elle nous a offert un kaléidoscope de pop lo-fi, de folk endiablée et de solos de piano tranquilles. Mais malgré tous les avantages, les nuances et la créativité qu’elle inspire à beaucoup, le processus d’enregistrement a peut-être créé une boîte pour son style d’écriture de chansons. Avec le recul, bien sûr, il est possible de faire une comparaison : son nouveau disque, Consummation, qui représente un grand pas en avant.

S’affranchissant du ce quatre pistes, Von Schleicher se glisse dans une pièce plus grande avec une facilité déconcertante. Le disque conserve bon nombre des qualités de ses prédécesseurs – l’énergie et la confiance en soi sur « Wheel », avec ses guitares brutes et piquantes et ses sections rythmiques boxy qui ont suscité la carrière de nombreuses auteures-compositrices, de Courtney Barnett à Anna Burch et Phoebe Bridgers, en est un exemple. Mais la nouvelle ambiance cinématographique et expansive est pour elle un retour à la maison.

Le disque est en partie né de son désir de creuser le sous-texte du Vertigo d’Alfred Hitchcock et explore l’idée d’être la moitié invisible d’une relation. Mais séparément, on a l’impression que Consummation est l’aboutissement d’un voyage qu’elle effectue à la recherche des bons sons, des bons arrangements et de la bonne production dans lesquels elle peut encapsuler ses émotions.

C’est ce que l’on remarque dès le titre d’ouverture « You Remind Me », où des gouttelettes réverbérantes illustrent l’épanouissement de la nouvelle production et où des motifs contrastés de guitare et de batterie donnent des tournures intrigantes à la composition. « Nowhere » est la première d’une série de courtes ballades qui, à côté de « Strangest Thing », s’inspirent de Kate Bush et des Cocteau Twins dans des arrangements à touches, qui traduisent le désir et la frustration.

Von Schleicher s’en tient à ces thèmes en utilisant différents véhicules musicaux. « Can You Help ? » la voit passer à la guitare pendant deux minutes pour un beat-pop indie, chantant « Can’t you just help me, just as well you helped yourself » ; « Hammer » monte le volume et incite à ce qu’on tape du pied avec des lignes de guitare de bon goût ; « Caged Sleep » utilise un combo de basse et de batterie et un refrain de fausset accrocheur et planant, qui fait chanter des Goldfrapp et Weyes Blood. Cette dernière référence est peut-être la plus évidente sur « Messenger » – où le chœur d’harmonies est un mélange de fuzz et de cordes – comme sur tous les points forts de l’album. Alors que le « closer » « Nothing Lasts », plus proche de l’arty « Brutality » et de l’hymne, utilise des motifs mélodiques que l’on pourrait associer à Father John Misty.

Il arrive parfois que l’arrangement et la production cinématographiques s’empilent pour le plaisir. Ici, Von Schleicher n’utilise que ce qui est nécessaire pour apporter une nouvelle dimension à son écriture.

***1/2

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