Sailing Stones: « Polymnia »

 « Je voulais vraiment entrer dans le côté sombre de ce avec quoi nous luttons en tant qu’êtres humains, et qu’il n’y a pas de solution facile », dit Jenny Lindon à propos des chansons de Polymnia.

De la pop brillante à la production plus expérimentale, Sailing Stones apporte habilement ses influences d’auteurs-compositeurs des années 70 vers de nouveaux territoires plus ambitieux. Produit par TJ Allen, les morceaux se déroulent à un rythme dramatique et progressif alors qu’elle explore le thème de la consolation dans l’obscurité.

Les connaisseurs apprécieront l’analogie avec Emma Ruth Rundle sur une échelle plus légère. Le grondement à basse fréquence et les rythmes faciles du rythme et de la tonalité de « Free As I’m Gonna Be » saturent les neuf morceaux suivants.

Une pulsation façon « Albatross » viendra étayer le doux « Comfort » avec quelques bruissages rêveurs de son spatial ; cette dernière ambiance servant de lit à quelques lignes de basse fluides sur « The Fire Escape ». La douleur de l’amour et l’amour perdu sont accompagnés d’un subtil ajout de cuivres de deuil.

« Emmanuel » peut très bien apparaître comme l’un des morceaux les plus rares, ce qui ajoute au thème de la fixation sur le répit pendant l’isolement. Cependant, il y a aussi le sentiment très bref qu’il pourrait se transformer en gospel avec l’arrachement des chœurs.

Le morceau le plus emblématique est sans doute « Wasted Moon », qui offre un contraste sublime avec le plus radiophonique « Receive » qui suivra. Le premier est magnifiquement formulé, avec un accompagnement tellement décontracté qu’il est presque statique. L’obscurité, les fenêtres de nuit pluvieuses et la lumière des bougies évoquent une atmosphère nostalgique.

Un autre morceau qui se consume progressivement en drame est le morceau-titre avec des saxophones et des guitares électriques qui s’entrechoquent sur son outro. Le rideau se referme sur des réflexions sur la façon d’échapper aux hauts et aux bas du quotidien. Un « I’ll be free and I’ll survive » provocant et de plus en plus confiant, qui figure sur la dernière chanson, est le message central de l’album.

Le producteur et multi-instrumentiste TJ Allen (Bat For Lashes, Laura Groves) est chargé de la production et de la basse, Dan Moore des claviers et des synthés et Daisy Palmer de la batterie et des boîtes à rythmes. À eux deux, ils ont aidé Jenny Lindon à créer et à peaufiner un ensemble de paysages sonores éthérés et luxuriants. Polymnia est tout simplement un très bel album, un exutoire à son travail qui sonne ici naissance à une collection assurée et confiante.

***1/2

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.