Tim Burgess: « I Love The New Sky »

Il a été suggéré que Tim Burgess reçoive une sorte de récompense pour avoir rassemblé les fans de musique pendant leconfinement, des idées ont été avancées, dont celle de Godlike Genius aux NME Awards de l’année prochaine.

Il ne fait aucun doute que ses « Twitter Listening Parties » sont une très belle initiative, englobant un large éventail de choix d’albums, dont certains ont servi d’hommages émouvants à Little Richard et Florian Schneider, et d’autres ont donné aux nouveaux artistes l’occasion de présenter leur musique à un public plus large.

Grâce à la nature organique et amateur de cette initiative, les idées peuvent s’épanouir ; le site web Listening Party dirige les spectateurs vers des magasins de disques indépendants, et un festival complet est en cours. Cependant, il y a de bonnes raisons pour que Burgess reçoive une certaine forme de reconnaissance, même sans ces soirées d’écoute.

Avec treize albums de charleston et son cinquième album solo, Burgess est clairement animé par une passion pour la musique, comme en témoignent ses incursions dans la gestion de labels et l’écriture. Ses albums solo se distinguent par leur éclectisme : I Believe était quasi américain ; Same Language, Different Worlds était un album électronique ; Oh No I Love You était un album indépendant au tempo lent. Aujourd’hui, Burgess est passé à la vitesse supérieure en enregistrant un album qui offre d’énormes variations sonores dès le premier titre.

Le gospel rockabilly d’ouverture et le premier « single » « Empathy For The Devil » contient une guitare de style chic et un solo de violon en plus du désormais tristement célèbre chapardage de l’ouverture de The Cure sur « Boys Don’t Cry « et du titre hommage aux Stones. « Comme D-Habitude » déborde également d’idées. Le reggae léger, le music-hall et l’avant-jazz se disputent l’attention avant qu’un saxophone de rêve ne nous emporte. Ailleurs, le « Sweet Old Sorry Me » de Los Angeles fusionne la guitare blaxploitation avec Elton John du milieu des années 1970, tandis que l’élégante tristesse de « Undertow » est un point fort de l’album. Le meilleur de tous est « The Warhol Me », un morceau de New York endetté qui crie New York avant de se transformer en un jam pulsé et quasi-prog. Le morceau a la sensation extatique de la musique de club et est un véritable best of de la carrière.

L’album est largement autobiographique, Burgess ayant écrit les chansons soit à Los Angeles (comme en témoigne le titre « Lucky Creatures », gorgé de soleil), soit chez lui dans le Norfolk, notamment sur le morceau « Timothy » qui semble servir de conseil à son jeune âge (« il faut qu’on sorte d’ici, quand la musique commence, elle me remplit le cœur »), bien que Burgess ait rapidement laissé entendre que tout n’est pas comme il semble.

Malgré des moments de mélancolie et d’apparente introspection, l’optimisme qui caractérise le Charlatan est toujours présent ; le clin d’œil complice de « Only Took A Year « (une référence à la période de gestation de l’album, par opposition à l’attente de près d’une décennie pour le précédent album As I Was Now) est une pure brise, tandis que « I Got This » est la positivité dans sa forme la plus pure.

Tim Burgess ne cache pas ses défauts (bien qu’il ait écrit les chansons lui-même pour la première fois). Il a notamment fait appel à Nik Void et Daniel O’Sullivan de Factory Floor, qui ont tous eu la liberté de contribuer à l’esthétique musicale du disque. Tous ont joué leur rôle en livrant le meilleur album solo que Burgess ait fait, avec des points forts qui correspondent à son travail quotidien dans The Charlatans.

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