Natalie Jane Hill: « Azalea »

Du centre du Texas, Natalie Jane Hill a écrit son disque, Azalea, dans les Blue Ridge Mountains. Ce disque, synonyme de l’histoire de la musique folk, a donné naissance à des noms aussi connus que Jean Ritchie, Roscoe Holcomb et Doc Watson. Comme le suggère le titre, Azalea est une merveille poétique sur la réciprocité de la nature. Natalie Jane Hill a posé une question au bord de la rivière et la rivière avait la réponse, et c’est toujours le cas. Tout comme Florist l’a fait dans If Blue Could Be Happiness avec le Catskill Mountains, Hill peint de façon très vivante « chaque recoin, chaque courbe » (very nook, every bend) – comme elle le chante dans « Emerald Blue » – de la chaîne de montagnes, ses rhododendrons, sa primevère dorée et sa folle avoine – tous dignes de leur place sur la feuille de paroles.

Sa voix est la brise à travers les arbres – la force vitale qui déploie la teinte du ciel d’où la chaîne tire son nom : les chutes abruptes et les douces lopes. Avec une laque semblable à celle d’Aldous Harding, sa voix fait converger les époques ; les longs trilles planants qui relient le voyage de Harding à Jean Ritchie. Elle entrelace également le passé et le présent de manière instrumentale. « Golden Rods » est formé de figer-pickings et de grondements dus au deuxième renouveau du folklore britannique, tandis que « All The Things I Never Saw « est imprégné d’un riff léger et méandreux qui aurait tenu le coup dans le Quiet Signs de Jessica Pratt. « Quiet and Still » est peut-être le morceau le plus intrigant du disque. Entièrement instrumental, le piano et la guitare s’harmonisent ensemble, ouvrant la porte à un nouveau panorama où le soleil est haut, chaud sur la peau, permettant une transcendance sereine, presque ambiante, que l’on ne retrouve nulle part ailleurs sur l’album. Sa réussite est entièrement dûe à son caractère éphémère, servant de pont entre la face A et la face B.

Silencieux et toujours à part, nous sommes heureux que sa voix et sa guitare existent ensemble sans être dérangées Azlalea un opus oisif où l’automne ne pénètre jamais, les fleurs toujours en pleine floraison et les feuilles jamais persuadées d’enlever les feuilles de leurs branches. Avec la vie réduite de tant de tentations en ce moment, nous sommes, comme beaucoup d’entre vous, enchâssé dans la saison de l’azalée.  On existe, alors, peut-être dans la seule période de ma vie où l’on a accordé aux motifs du printemps l’attention que leur beauté mérite. « Et vous pensez au moment / où l’idée d’errer ne vous a jamais traversé l’esprit / et où tout ce que vous avez connu était à vos côtés / Dans une maison sauvage » (And you think on the time / when the thought to roam never crossed your mind / and all that you’ve known was right by your side / In a wild home), chante Hill dans An « Envy Burns ». Elle ne pouvait pas savoir alors qu’au moment où Azeala a vu la lumière du jour, elle s’adresserait à des personnes forcées de retourner à cet état virginal. Ce rappel à profiter de tout ce qui existe autour de vous ne pouvait pas être mieux tombé. Avec Azalea, Hill prend la piqûre de l’agitation et l’enfouit sous le sol de notre crête bleue, notre sanctuaire impénétrable… et nous laisse la regarder pousser.

***1/2

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