Sparks: « A Steady Drip, Drip, Drip »

Avec une carrière de plus de cinq décennies et Ron et Russell étant tous deux frères, leur capacité à rester en termes amicaux l’un envers l’autre (sans parler de leur collaboration et de leur musique ensemble tout en essayant de « Lighten Up, Morrissey » » est louable.  A Steady Drip, Drip, Drip est le vingt-quatrième LP des frères Mael et contient un généreux ensemble de quatorze titres sur cinquante-quatre minutes de musique. Connus pour leur originalité au fil des ans, on ne pourra que et on sera en droit de se demander si ce qui a été considéré comme étrangement frais est devenu aujourd’hui prosaïque ou rebattu.

A Steady Drip, Drip, Drip s’ouvre sur « All That », qui commence par une intro de jazz lounge avant d’entrer dans un riff de guitare, des synthés et un orgue aux accents gospel. Néanmoins, les paroles ne semblent pas divines ni offrir de rédemption, mais ont tendance à décontenancer tout en conservant leur exubérance, avec, par exemple ce « Un jour, nous ferions des choses utiles, nous nous élèverions, nous serions des rois et des reines, mais nous saurions que les chaises bon marché seront toujours nos trônes » (Someday we’d do useful things, we’d rise above, be kings and queens but knew cheap chairs would always be our thrones ).

Avec une chanson squi traite de la mortalité des musiciens, les frères Mael, aujourd’hui septuagénaires, enclenchent un « I’m Toast » dont le « I Love Rock ‘n’ Roll » de Joan Jett vient immédiatement à l’esprit et, avec un bref orgue excentrique, un petit solo nous donnera le sentiment que cette chanson appartient à Ron et Russell. Sparks capture même l’esprit du temps avec les paroles « Alexa, get me out of this place ». « iPhone » capture également le blues de la technologie moderne avec des paroles telles que « pose ton putain d’iPhone et écoute-moi » ( put your fucking iPhone down and listen to me).

Tout au long de A Steady Drip, Drip, Drip, on peut facilement détecter une pléthore de gouttes d’influences d’autres artistes. Néanmoins, ce rempart instrumentaln’est pas un effort banal. L’enchaînement, la synchronisation et la juxtaposition des sons font de Sparks un pionnier victorieux. »The Existential Threat » utilise les influences musicales des jeunes et « The Birdie Song » des Tweets ainsi que la bande son macabre de « Dammed for all Time » de Jesus Christ Superstar ; c’est quelque chose que peu d’artistes, même les plus imaginatifs, envisageraient, sans parler de donner vie. Avec des paroles quivous mettront dans un état de panique comme « J’ai payé la facture entière parce que les assurances ne le font pas, elles ne couvrent tout simplement pas les médicaments existentiels » ( paid the whole bill because insurance won’t, they just won’t cover existential meds), Sparks insuffle une nouvelle vie à une chanson qui parle de panique et de destruction.

Parmi les autres chansons où l’on pourrait supposer que le mélange des sons est mal assorti mais où il fonctionne à la perfection, citons « Lawnmower » qui, avec les harmonies « la la la », crée une chanson pop idéale. L’utilisation du clavecin pour parler d’une petite amie d’Andover qui supporte la tondeuse à gazon de son petit ami est bizarre mais belle et édifiante. De même, « Left out in the Cold » réunit de façon spectaculaire « La Isla Bonita » de Madonna et « Come on Home » de Franz Ferdinand (ancien copain du super groupe FFS de Sparks).

Il n’y a que deux chansons (sur quatorze) que l’on pourrait qualifier de typiquement Sparks (à savoir rappelant à l’auditeur « This Town Ain’t Big Enough for Both of Us »). La première est «  Stravinsky’s only Hit » avec un début façon EDM qui s’épanouit en un numéro d’opéra classique et rock.  « Onomata Pia » est tout aussi allègre avec une série de trombones passionnants. Ces deux chansons sont folles, joviales, sacro-saintes et essentielles.

A Steady Drip, Drip, Drip est musicalement bizarre et innovant. Il est immensément satisfaisant qu’un son qui s’est imposé dans le mainstream ait pu évoluer continuellement et ne pas devenir monotone et fatiguant. En plus d’offrir un plaisir excentrique de type caenavalesque (bien que très intelligent), Sparks exprime également son inquiétude et son inquiétude comme s’il utilisait ce LP pour envoyer un SOS. Le morceau de playout respectueux de l’environnement « Please don’t fuck up my world » est suffisamment explicite à cet égard : « Rivière montagnes et mers Personne ne sait encore ce qu’ils sont là, il est facile de voir que ce sont des choses dont il faut prendre soin »(Rivers Mountain and seas. No one knows what they’re there for still, it’s easy to see they’re things that need to be cared for). Avec Sparks et concernant la nature ainsi que les humains, the world is big enough for both of them.

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