Happyness: « Floatr »

Si le terme souvent utilisé d’« indie-rock » était un cercle précédemment dessiné autour du duo londonien Happyness, le nouvel album Floatr les voit danser sans retenue sur ses bords

Après une interruption de près de trois ans et le départ d’un membre du groupe, Benji Compston, le troisième album de Jonny Allan et Ash Kenazi est un retour triomphal, avec des chansons intelligentes qui se dévalorisent, des guitares qui cliquètent et une nouvelle image de soi.

Si les comparaisons avec les saints indie/alt-rock de Pavement sont probablement encore nombreuses, Happyness a fait un long chemin depuis la sortie de leur premier album Weird Little Birthday. Alors que le batteur Ash Kenazi s’apprête à co-préside le groupe, le disque documente sa sortie et embrasse de tout cœur son personnage de dragueur. Le morceau-titre, qui donne le ton à une exploration de la découverte de soi, poivre les hypothèses, en se disant en son centre « peut-être serait-il préférable d’être irréversiblement changeant à l’infini » (maybe it’d be much better to be irreversibly changing endlessly).

En tant que genre ayant son propre sens du cool, Happyness s’est inspiré de son son rock plus relâché pour se frayer un nouveau chemin dans les dix titres proposés, un chemin qui, cette fois, se veut plus introspectif. S’ouvrant sur un numéro acoustique légèrement oscillant qui rappelle le lo-fi de leur breakout record, l’ambiance change pour introduire une accumulation orchestrale de touches de piano minimalistes et une spirale théâtrale.

Tantôt aérien et confessant, tantôt explosif et discordant – entassant des sons de guitare déformés dans des étirements staccato – Floatr est, dans sa forme la plus forte, évocatrice des intensités joyeuses et fébriles de Kevin Barnes de Montréal. Pourtant, dans cette frénésie, le disque brille.

En son cœur, un sentiment de croissance se dégage de l’autodérision. Avec les ricanements comiques des années 90 d’Allan – des voix à moitié chuchotées comme « je suis amoché mais je redescends» (I get knocked up but I get down again) et « même si ma tête réagit de façon excessive, je sais que je suis à peine quelque chose » even as my head overreacts I know I’m barely something) -, l’assurance revient. En trouvant leur rythme dans le ralenti et le point culminant de leur disque, « Anvil Bitch », leur expérimentation confiante embrasse tout ce qu’ils ont appris dans leurs deux précédents albums et voit l’avenir s’ouvrir.

Alors que le groupe continue d’explorer les éléments du shoegaze, des mélodies jazz et de la pop saccharine aux confins de leur indie-rock bien connu, Happyness se retrouve en pleine forme et prêt à s’aventurer une fois de plus dans un inconnu chaotique.

***1/2

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