Fool’s Ghost: « Dark Woven Light »

Il y a un grand talent à être pesant sans être bruyant mais le duo constitué par Amber Thienemancet son mari Nick fait paraître la chose facile sur le premier album, Dark Woven Light. Fool’s Ghost déverse une musique pleine d‘âme avec des voix hypnotiques et des paroles significatives sur un lit d’instrumentation minimaliste tout en créant 10 titres qui pèsent sur l’auditeur sans jamais l’accabler.

Il sera impossible de l’étiqueter dans un genre singulier, il est trop sombre pour être qualifié de folk, il n’est jamais assez lourd pour être post-rock et il est trop expérimental pour être indie. On ne peut qu’essayer d’exprimer l’obscurité et le poids que chaque morceau contient. En général, la musique a un moment à construire avant que le chant n’entre en scène et il y a de superbes accroches pour attirer votre attention, et ça n’est jamais pareil !

L’intro à la guitare de « Touch » est effectivement accrocheuse et on se retrouve vite à regarder à travers les couches pour essayer d’en entendre plus avant qu’elle n’apparaisse inchangée à la fin du morceau. Le plus souvent, ce sont des synthés ou des touches atmosphériques qui guident la progression d’une composition, la guitare jouant un rôle secondaire comme dans la saisissante « Fugue » et même un rythme de batterie légèrement fort dans « Chasing Time » qui frappe le sol là où la guitare se trouvait autrefois.

Le point fort de l’album est sans aucun doute le chant, dont l’étendue et l’expression entraînent les morceaux dans des voyages vers des endroits sombres et laissent la musique peindre le fond. Il y a de tout, des touches aux synthés, de la guitare à la batterie, du piano au glockenspiel, mais aucun n’est proche de la voix, mais l’un sans l’autre ne donnerait pas les résultats puissants que vl’on obtient ici.

Tout au long de l’album, se trouvera toujours un sentiment bouillonnant de besoin de se libérer. Il y a presque une retenue dans le chant mais le masque glisse temporairement pendant « Sparked » et « Shut Away » car une sortie partielle semble garantie lorsque le volume est augmenté, mais tout cela est momentané. Si Thieneman a certainement la capacité de faire entendre un refrain, la musique ne s’aventure jamais sur ce territoire. Comme une gueule de bois du dimanche matin, la musique s’attarde dans une zone de légère dépression avec des lueurs teintées d’espoir, mais parfois, on ne peut tout simplement pas changer la morosité.

Bien que minimaliste dans sa mise en page, Dark Woven Light est lourd dans son exécution. Il serait profondément inquiétant d’écouter l’un des morceaux sans ressentir aucune émotion. Cela peut être une belle sensation d’être accablé par la mélancolie mais de la sentir s’élever à mesure que chaque chanson progresse vers sa conclusion, cela me pousse à y retourner.

***1/2

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