Wares: « Survival »

Wares (Cassia Hardy, originaire d’Edmonton) sort ici son deuxième LP, Surviva . C’est un album que Hardy consacre aux « activistes décoloniaux, aux agitateurs antifascistes et aux homosexuels des prairies qui luttent pour la communauté et une vie meilleure » (decolonial activists, anti-fascist agitators and prairie queers fighting for community and a better life ).

Une explosion de réactions signale le début de l’ouverture du disque, « Hands, Skin » avant que la voix parlée de l’artoiste affirme dans un style sans appel : « J’ai laissé mon corps derrière moi en ne prenant que ce que je pouvais me permettre » ‘I left my body behind taking only what I could afford) accompagné de « huitar licks » enjoués mais flous. « Tall Girl » suit avec un son plus mélodieux et balancé, mais aussi avec des paroles réfléchies et des couches de sonorité encore plus extraterrestres : « I regret not getting to know you better ». Les deux chansons suivantes ont un air des années 80 avec « Living Proof », qui est un mélange d’électronique et « Tether », une tranche de new wave provocante – avec, toutefois, une touche de style vocal passionné : « Quelque chose devait changer, je ne peux plus le nier ». (Something had to change, I can’t deny anymore)

Avec ses guitares stop-start et ses signatures temporelles bizarres, « Surrender into Waiting Arm » » est plein de sensibilité émotionnelle tandis que le récit de « Jenny Says » met presque tout sur la table. Dans cette composition, Hardy se souvient d’une rencontre fatidique : « Assise sur le pont, elle regardait les lumières changer. Les voitures s’enchaînent. Une femme s’assoit pour me rejoindre et me passe une allumette. Elle dit : « Je pourrais mourir demain et ça ne changerait pas ». (Sitting on the overpass, watching the lights change. The cars go on and on. A woman sits to join me and she passes me a match. She said ‘I could die tomorrow and it wouldn’t change a bit) C’est cette conversation qui inspire Hardy, bien qu’elle soit gâchée par la tristesse que ressentent les deux femmes alors qu’elles cherchent des réponses : « Elle a demandé pourquoi ça faisait si mal de sortir du lit parfois » (She asked why’d it hurt so much to get out of bed sometimes).

Avec un son grave sombre et ses harmonies intenses, « Complete Control » prend la direction de Nick Cave ou d’Anna Calvi, tandis que la vocaliste examine combien il est difficile d’échapper à ses angoisses quand on est laissé à soi-même : « C’est tellement plus facile avec toi dans les parages de m’appeler » (It’s so much easier with you around to call me out).  « Violence » est un autre titre à l’ambiance futuriste qui mélange des percussions lentes et sourdess et des cordes subtiles, même si le sujet est déchirant : «  Le coach ne lève pas le petit doigt avant d’être sûr qu’ils en ont assez. Les garçons se regardent tous se changer et font semblant de ne pas être amoureux ». (The coach doesn’t lift a finger until he’s sure they’ve had enough. The boys all watch each other changing and pretend they’re not in love). « Surface World » se tourne vers de meilleures choses avec ses mélodies agro-rock, tandis que « Survival » qui clôt le disque sera une tranche de pop indépendante directe, étourdissante et entraînante faisant de Survival un album qui mérite bien son appellation et que quiconque s’est déjà senti étranger ou exclus aura à coeur de célébrer.

***1/2

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