Brendan Benson: « Dear Life »

Il est juste de dire que le bonheur domestique ne fait pas le plus séduisant des sujets musicaux – ce qui est ironique car, en gros, c’est la seule chose que nous avons tous en commun.

Depuis qu’il a formé The Raconteurs avec les Jacks White et Lawrence, et Patrick Keeler (la section rythmique des Greenhornes), Brendan Benson s’est fait l’avocat des petits plaisirs que permet la vie tranquille. Dans une interview accordée en 2009, il a vanté les vertus de la tonte de l’herbe (« aussi satisfaisant qu’écrire une chanson. Plus, parfois. »), et ses trois albums solo de cette période ont tous, dans une mesure plus ou moins grande, mis en évidence cette satisfaction. Il en va de même pour Dear Life, et bien que son septième album solo soit vendu comme un nouveau départ sonique, il est en fait ldu « business as usual ».

C’est ce qui ressort d’un simple coup d’œil à la liste des titres : « Richest Man Alive » (« J’ai deux beaux bébés et une sacrée belle femme »- ‘I got two beautiful babies and one hell of a good-looking wife’- ) se déroule bien et évite ainsi d’être trop mièvre, tandis que « I’m In Love est répétitif » sur le plan lyrique dans ses 90 secondes mais comporte des accords capricieux qui contredisent la teneur du sujet.

Il peut sembler évident de faire référence aux Raconteurs, mais comme ils ont été en grande partie responsables du crossover de Benson, cela est également valable. Dear Life est également un bon indicateur de qui fait quoi : « Half A Boy (Half A Man) » présente une guitare familière avec un grand refrain de jour, adapté à la radio, bien qu’avec un rythme plus léger. Mais on peut pratiquement entendre Jack White aux chœurs, et l’album dans son ensemble démontre qu’il est la force dominante de ce groupe.

Les percussions et les cuivres du groupe sur « Baby’s Eyes », qui est en pleine liberté, rappellent également l’instinct du super groupe de se lancer sans honte den un echo des Travelling Wilbury. Le morceau-titre comporte également des cuivres lourds, mais cela ne fait qu’ajouter une acclamation trompeuse à un récit sur la lutte contre la dépression, l’une des rares références au côté sombre de la vie « normale ».

Parmi les nouveaux sons qui sont promus, seuls quatre titres s’écartent de la formule éprouvée du rock aguicheur de Benson. Le premier morceau, « I Can If You Want Me To », propose un BPM accru via l’électronique, mais revient rapidement à la typographie avec un refrain explosif à la guitare qui ne comprend que la ligne de titre. « Good To Be Alive » ressemble à la récente production de Beck, car sa voix s’accorde automatiquement, mais conserve la mélodie familière à l’envers qu’il affectionne tant. « I Quit » mélange de nouveaux grooves avec un son acoustique traditionnel, et enfin le plus proche « Who’s Gonna Love You » possède des beats et des effets rapides et aussi un sample de ce que sont, vraisemblablement, ses enfants.

Quelque part, on peut dire bravo à un album qui fait avancer les choses, mais le meilleur morceau de l’album est aussi le plus simple : « Freak Out » fait exactement ce qui est écrit sur la boîte, un rocker rapide comme un morceau de la série des Nuggets avec un solo de guitare qui fait mouche et l’occasion de se lâcher dans le studio.

Selon les standards de Brendan Benson, il s’agit d’un album moderniste, qui se caractérise par sa brièveté et son caractère enjoué ; tout en lui permettant de s’épancher il devient un album fun à écouter.

***1/2

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