JFDR: « New Dreams »

Le deuxième album de JFDR, New Dreams, est un disque construit sur les fondations les plus solides, mais il ajoute à l’intégrité structurelle de ces fondations des floraisons incroyablement intentionnelles. Une première écoute superficielle révèle une expérience folklorique subtile, bien composée et immersive, avec un piano lourd et des voix chuchotées. C’est le type d’album qui est bien servi par la privation sensorielle. Mettez vos écouteurs, éteignez les lumières et écoutez simplement. Puis continuez à écouter et remarquez chacun des détails que vous n’aviez pas remarqués auparavant. Les influences électroniques qui sont omniprésentes sous la surface et qui ont une influence évidente en commun avec notre collègue islandais Bjork. Mais les marques de créativité de la JFDR ne percent que rarement la surface, ce qui les rend d’autant plus spéciales. « Juno » atteint un point culminant qui, comparé à certains autres contemporains bruyants de la JFDR, n’est pas vraiment un crescendo ni un point culminant, mais frappe d’autant plus fort dans le contexte d’un album qui est intentionnel à chaque étape. Chaque chanson brille parce qu’elle forme un tout cohérent, avec des détails qui ressortent et ne prennent pas la vedette, mais plutôt une légère augmentation d’un effet de gradation, puis s’effacent à l’arrière-plan aussi vite qu’ils sont apparus. « My Work » »est un exemple parfait de chaos intentionnel et contrôlé qui doit être mis en évidence par une concentration sur l’intention, car chaque morceau se fond en un tout homogène.

Les voix feutrées, respirables, presque chuchotées, sont également un trait partagé par de nombreux contemporains de la JFDR, mais avec la JFDR il y a toujours une force et une présence dominante qui semble devoir dépasser les vingt-cinq ans de Jófr�*ður Ákadóttir, une présence qui saisit l’auditeur et ne relâche pas cette prise de vice. Le son et les paroles traduisent un équilibre entre vulnérabilité et confiance, une marche sur la corde raide qui n’est jamais parfaitement équilibrée. Elle choisit les moments parfaits pour ajouter un frémissement par-ci, un sens du vibrato par-là, des voix superposées, des r sévères, une seconde de falsetto, et bien d’autres nuances qui font que la voix ne berce jamais l’auditeur, mais au contraire l’enveloppe, l’accueillant dans une atmosphère tout aussi chaude que froide. Elle a également le don de la mélodie. S’il n’y a pas beaucoup de chœurs traditionnels à trouver, les lignes vocales sont séduisantes et uniques, souvent asynchrones, mais jamais inaccessibles. L’ouverture « Care For You » et « Falls (No Wonder) » sont les indicateurs les plus clairs de ce talent. La merveille de New Dreams est sa capacité à nous faire croire que c’est un simple album, alors qu’en réalité chaque morceau a été si clairement, si magnifiquement, si parfaitement orchestré et exécuté.

***1/2

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