Hamilton Leithauser: « The Loves Of Your Life »

On ne peut pas s’empêcher de penser que des gens comme Hamilton Leithauser attirent les bonnes histoires. On ne parle pas ici des hauts et des bas nostalgiques à propos du bon vieux temps, avant que son ancien groupe The Walkmen n’annonce un hiatus extrême de façon ludique (celui-ci a duré huit ans jusqu’à présent). Son troisième album solo, The Loves of Your Life, est rempli d’histoires sur des personnes réelles, des chanteurs de rock qui ne peuvent pas atteindre les notes, des étrangers qui se cachent de leurs colocataires dans les vieux cinémas, et des amis dont les parents paient encore leur loyer. C’est une nouvelle rupture avec les grands sons des villes qu’il a contribué à faire revivre au début des années 2000, mais il se prélasse sur les mêmes sujets avec un sens de la rêverie renouvelé et léger. 

La guitare à trois cordes de style Leonard Cohen a été remplacée par les os dénudés en mode Freakbeat, les harmonies occasionnelles de doo-wop (« Isabella ») et le blues insulaire (« Wack Jack ») de Dylan époque Infidels.

Le crooner mélodique des années 50 qu’il a perfectionné avec Rostam Batmanglij sur I Had A Dream en 2016 est moins présent, mais il revient aux mêmes endroits. Le récit fantastique de la création se déroule comme un folklore surréaliste ; les récits magiques de l’humanité sont tendrement exprimés avec un chant encore plus guttural et bien plus voyageur. Quelques moments plus calmes sont si chargés d’émotion que Leithauser coupe le rythme, comme s’il était tellement absorbé par le déroulement de ses propres histoires qu’il en oublie que c’est son travail de remplir les lignes.

Le seul moment de réflexion personnelle de Leithauser s’infiltre dans le dernier morceau – une ballade au piano soutenue par ses propres enfants – où sa propre voix magnifiquement altérée sert de médiateur sur la thématique du pardon. Mais même les sujets les plus sérieux sont humoristiques, poétiques et engageants – il écrit avec un œil sur le couple qui regarde les vagues s’écraser sur la plage, et l’autre fermement fixé sur la mouette qui pourrait être sur le point de ruiner leur fish and chips.

***1/2

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.