Pete Morton: « A Golden Thread »

Le nouvel album du chanteur folk, auteur-compositeur, animateur, yogi, « thinktank » de gauche et juke-box humain s’enrichit de huit nouvelles chansons et de deux ballades traditionnelles. Cependant, c’est le défi de l’ouverture avec la chanson titre de Pete Seeger qui montre que Morton est audacieux et qu’il ne se laisse pas aller en douceur à son retour « sur las scène ». C’est peut-être une coïncidence, mais la référence au tissage d’un arc-en-ciel magique est sans doute à souligner à une époque où le service de santé joue un rôle si essentiel dans le maintien des nations au-dessus de l’eau.

Les deux chansons traditionnelles sont de bonne valeur. Ne variant pas trop loin des sentiers (bien) battus, Barbry Allen est aussi familier que la paire de chaussures confortables, un peu abîmées et bien usées, mais faisaient partie de nous. « Farmer’s Boy » clôt l’album avec enthousiasme ; c’est une version entraînante mais majestueuse qui arrive comme selle était entonnée dans une chapelle.

L’humour, la politique et les commentaires sociaux croisent tous le fer ; ils ne sont pas aussi mordants et acerbes que certains de tous les pairs du folk, mais peut-être plus sensibles et perspicaces. La preuve qu’il n’est pas toujours nécessaire de crier ou de se mettre en colère pour mettre le doigt là où il le faut. « The Grenfell Carol » en est un bon exemple : il s’agit d’une tragédie dont les paroles s’unissent pour soutenir la même cause.

Les migrations humaines, le commerce des armes et le changement climatique sont quelques-uns des sujets qui ont attiré l’attention de Morton et sont devenus la cible de ses commentaires. « We Are The Trees By The Side Of The Road » a un swing jazzy – qui rappelle le style de Ranagri – tandis que « Metropolitan Safari » se fraie habilement un chemin parmi une série de monuments de Londres au milieu d’un air enjoué. Ailleurs, le refrain de la chanson « Universal Basic Income » est chanté dans des clubs folkloriques (virtuels) de tout le pays, avec la participation enthousiaste du public.

Avec l’aide d’un groupe comprenant Alice Jones, George Sansome et Matt Quinn, Pete a également joué en duo avec Jude Rees sur une chanson plus ancienne, ce qui lui a permis de faire le point sur Emily Dickinson Revisited (« Good Day », « Mr Nobody »).

Avec près de trente ans de carrière derrière lui, on pourrait à juste titre qualifier Pete Morton de vétéran, mais cela ne remet pas en cause son enthousiasme. Qu’il s’agisse du journal Mojo qui défend son indépendance et sa créativité ou du Glasgow Herald qui tente le destin en classant ses observations ironiques aux côtés de celles du puissant Richard Thompson, il faut rendre hommage à Pete Morton pour son travail sur une oeuvre qui met en évidence sa passion et sa ténacité.

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