Born Ruffians: « Juice »

Comme leur patronyme l’indique, Born Ruffians ne sont pas vraiment du genre à s’embarrasser de scrupules. Point culminant de 15 ans de carrière, Juice, leur nouvel album – et leur sixième à ce jour – est audacieux, aventureux et résolument décontracté. Le groupe – le chanteur/guitariste Luke Lalonde, le bassiste Mitch DeRosier et le batteur Steve Hamelin – crée un son qui s’engage à projeter toute la passion et la puissance d’un rock and roll très accordé. 

La trilette d’ouverture – « I Fall In Love Every Night », « Breathe » et »Dedication » – confirme cette évaluation, mais en vérité, il n’y a pas une seule chanson dans le set qui ne maintienne une posture punk dans l’attitude, l’aptitude ou une combinaison de ces éléments.

Étant donné ce statut de groupe pop décalé, les Born Ruffians trouvent des raisons de se défouler tout en célébrant les possibilités infinies qu’offrent les choix et les risques. Non pas qu’il y ait toujours des raisons d’être optimiste ; « J’ai fait un rêve et tu n’étais pas là/réveille-moi de ce cauchemar » (I had a dream and you weren’t there/Please wake me up from this nightmare), se lamente Lalonde sur « Hey You », ironiquement la chanson la plus vertigineuse de tout l’album. La composition ajoute une touche de sobriété au ton autrement tumultueux de l’album. Les refrains feutrés sont plus roucoulants que caressants, un motif qui se retrouve dans le reste du disque.

En fait, les morceaux qui arrivent vers la fin de l’album optent pour la nuance par rapport au bruit entendu auparavant. « Squeaky » se cache sous la forme d’une douce sérénade, tandis que « Hazy Wav » » est, comme son titre l’indique, une cascade de sons sans paroles donnée à l’ambiance et à l’atmosphère. Le dernier morceau, « Wavy Haze », est plutôt une caresse froide, avec des harmonies feutrées qui transparaissent avec une sorte d’éclat éthéré.

Mais en fin de compte, Juice ne se révèle qu’après des écoutes répétées. Si Lalonde a des problèmes avec le monde en général, il fait un bon travail pour les masquer par des refrains délabrés. La cohérence ne compte pas pour beaucoup, mais c’est peut-être bien là le problème. Juice est un rappel rafraîchissant qu’il vaut mieux avoir l’air un peu déséquilibré que d’être toujours aussi commun et cohérent. De leur côté, les Born Ruffians servent toute la spontanéité que leur style fougueux permet avec un jus qui ne se dément pas.

***1/2

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