FACS: « Void Moments »

Il y a tant de bruit dans le monde moderne qu’il devient impossible d’attacher une véritable émotion à quoi que ce soit quand, chaque jour, on nous bombarde de tout. Le groupe de noise rock/post-punk FACS, basé à Chicago, a compris que vous n’avez pas besoin d’un coup de tonnerre quand vous pouvez faire fuir un narcotique qui se répand lentement. Leur nouvel album, Void Moments, rend nerveux, paranoïaque et perturbé avec très peu de saillies. Cependant, le bruit incessant ne s‘étouffe jamais complètement – il même fait place à un certain confort dans la claustrophobie.

Avec le nouveau groupe Brian Case a dissous son ancien groupe Disappears et a fait évoluer son son minimaliste vers une fusion art/punk/noise. La guitare de Case est rejointe par le féroce batteur de Disappears, Noah Leger, et Alianna Kalaba, l’ancienne batteuse de We Ragazzi. Kalaba passe à la basse et rejoint Leger pour former une puissante section rythmique qui frappe comme un raz de marée et inonde tout sur ce Void Moments. Une fois cette solide base établie, Case déchaîne ses errances sonores qui se faufilent dans chaque composition comme s’il s’agissait de serpents.

Le titre d’ouverture, « Boy », introduit les hantises post-punk qui engloutissent tout le disque et établit le ton à la David Lynch d’un lent et grinçant doom aux confins de la réalité. « Ça n’arrive jamais comme on le pense » (It never happens the way you think), chante Case alors que le monde qui tourbillonne autour de lui s’écroule. Le morceau « Teenage Hive » est l’antithèse bizarre de « Smells Like Teen Spirit ». L’hymne du Nirvana s’est annoncé : « Nous voici / Divertissez-nous ». (Here we are now / Entertain us) Le seul hymne qui sort du vacarme de « Teenage Hive » est « No definition ». C’est l’appel d’une nouvelle génération qui refuse d’être définie. La piste explose tranquillement de partout. Le bruit n’est pas forcément assourdissant, il tourne et s’écrase lentement aux derniers instants possibles. J’adore la façon dont ce disque me fait ressentir à la fois le réconfort et le malaise. L’instrumentation fait tout le travail de l’album. Le chant de Void Moments ressemble d’ailleurs plus à des rampes d’escalier auxquelles il faut s’accrocher, car l’impact sonore global fait tout trembler. Le meilleur exemple en est « Version ». Ici, la batterie de Leger nous percute comme une crise d’angoisse et semble ne jamais s’arrêter. Vers la fin de la composition , on peut entendre une voix qui dit : « Avez-vous enregistré ça ? » “Did you record that ?) comme s’il y avait eu une attaque de paniqu à s’assurer que le moment était bien saisi.

Avec Void Moments, lFACS a fourni une bande sonore au spectacle d’horreur dans lequel nous vivons tous. Si il crait sa crise existentielle dans le vide, FACS ftrouverait un écho. On éprouve même du réconfort à cette situation.

***1/2

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.