Ben Seretan: « Youth Pastoral »

L’œil puissant et perspicace de l’âge. Les innombrables gestes et actions nonchalantes de la jeunesse (youth) comme moyen en soi. L’ambiance de la jeunesse. L’odeur de la jeunesse. L’importance de la culture de la jeunesse. La jeunesse définie dans notre jeunesse. La courbe de la jeunesse. 

La pastorale est définie comme telle. 

Adjectif

1. (notamment de terres ou d’une exploitation agricole) utilisées pour ou liées à l’élevage ou au pâturage d’ovins ou de bovins.

« fermes pastorales dispersées ».

2. (dans l’Église chrétienne) concernant ou approprié à la fourniture de conseils spirituels.

« questions pastorales et doctrinales ».

Bien qu’on puisse trouver du « rock chrétien » dans les métadonnées de la chanson de Ben Seretan,  on peut douter que la Youth Pastoral soit liée au pop-rock religieux. À Brooklyn, en particulier, il manque ce composé adouci, cette influence « country » qui n’est pas si marquée dans un monde post-ironique de chapeaux de cow-boy et autres artefacts du genre.

Le disque s’ouvre sur le mysticisme, les textures de William Tyler rencontrant une autre vision de la sincérité. Seretan est un guitariste phénoménal qui joue en finger-picking et il est présenté ici de manière générale. Son précédent album, My Life’s Work, est une musique purement ambiante et ces deux facettes se rejoignent sur Youth Pastoral.

Nous passons directement à « Power Zone » ; son langage simple est fort et courageux, mais il n’est pas ouvertement poétique au point de prendre la tête del’auditeur. Le solo de saxophone vous rappelle qu’il s’agit d’un disque de ville, l’instrument étant tellement ancré dans notre conscience collective avec ses notes jouant comme sur « Walk On The Wild Side ». Mais nous sommes en 2020 et cette chanson parle d’une relation entre deux personnes. « Holding Up The Son », c’est l’immédiateté et l’intimité de U2-période Joshua-Tree et « Straight Line » ramène l’élément gospel là où il doit être pour compléter le panorama.

Ensuite il y a « Am I Doing Right By You », la pièce maîtresse du disque qui dure sept minutes. La voix de Seretan est sêche et ironique. « Je pouvais sentir que tu t’éloignais de moi / quand j’essayais de prier » (I could feel you pulling away from me / when I try to pray) fait écho à la thèse du titre de l’album. « Est-ce que je my prends bien avec toi ? Oh, mon Dieu ! » ( Am I doing right by you? Oh, my God!) est répété plusieurs fois avant que le morceau ne s’amplifie et n’éclate en folie, mettant en valeur la collection de collaborateurs stellaires de Seretan. Pour les amoureux de Stephen Malkmus, Lambchop et autres, Youth Pastoral est le test décisif pour une marque d’indie qui commence à palpiter dans le noir.  

***1/2

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.