Activity: « Unmask Whoever »

Débuts sombres, extraterrestres et captivants pour ce groupe de Brooklyn né des cendres de Grooms, Russian Baths et Field Mouse Après une décennie à mener The Grooms à travers diverses transformations tant sur le plan sonore que personnel, Travis Johnson a dissous le groupe et a lancé Activity avec un batteur exceptionnel et inventif, Steve Levine, en y ajoutant la bassiste Zoë Browne (Field Mouse) et le guitariste Jess Rees (Russian Baths). Sur le plan sonore, le premier album d’Activity n’est pas très éloigné des paysages extraterrestres que The Grooms échafaudaient sur leur dernier album, mais ils s’y adossent, ajoutant de l’électronique et jouant aux forces de chacun. Beaucoup de musique a été appelée de « lynchienne », généralement à cause de guitares solitaires et grêles, et ceci même c’est une analogie trop utilisée.

Activity y est parvenu sans jamais ressembler à Angelo Badalamenti ou Chris Isaak. Unmask Whoever est, toutefois, le double de cette musique : troublant, sensuel, sinistre, familier mais étranger et indéniablement captivant.

« Earth Angel », qui partage un titre avec le premier classique de doo-wop des Penguins (sûrement un des favoris des Lynch), est un bon point de départ (bien qu’il soit au milieu du disque), en vérifiant les cases sensuel et sinistre. Il mijote lentement avec des couches de guitares bourdonnantes et un motif de batterie elliptique, tandis que Johnson chuchote « I wanna fuck around » à plusieurs reprises et ce, avec un phrasé, démoniaque . La composition s’ouvre à mi-parcours avec ce qui est soit une section de cuivres, soit des guitares fortement déformées qui sonnent comme un mur de projecteurs soudainement allumés, prêts à l’emploi dans un univers alternatif et fantasmagorique.

L’album maintient cet équilibre loufoque tout en son long en utilisant parfois des loops et des rythmes qui n’auraient pas sonné déplacés sur un album de Tricky ou de Portishead il y a 25 ans (« Calls Your Name », « Auto Sad »), ou des synthés nauséabonds qui se fondent dans les guitares (« Nude Prince », « Heartbeat » »). Les arrangements, les performances et la production sont excellents dans tous les domaines, tout comme les chansons, révélant des nuances à l’écoute répétée et en font un très bon album pour casque d’écoute. « Spring (Low Life) », « Violent and Vivisect » et « Calls Your Name » sont accrocheurs et mémorables tout en vous donnant la chair de poule. Dans le bon sens du terme.

***1/2

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