Islet: « Eyelet »

Le trio gallois de dream-pop Islet a un son aérien et ludique qui évoque les débuts de Björk ou la indie-pop des années 90 façon Dubstar . Eyelet, leur troisième album, a été enregistré chez eux à une époque de changements personnels importants : Emma Daman Thomas et Mark Daman Thomas ont accueilli leur deuxième enfant dans le monde, et Alex Williams a tragiquement perdu sa mère. Le fait qu’Islet et Eyelet soient homophones est tout à fait approprié – l’album est presque éponyme, ce qui suggère que le groupe le considère comme leur déclaration définitive à ce jour. Il donne également l’impression d’une double prise sur quelque chose de familier : la tranche géologique à travers le paysage sur la couverture fait office d’œil, ou d’oeillet.

Bien que certaines de ces chansons soient propulsées par le genre de rythmes bruts et prêts à l’emploi que l’on s’attendrait à entendre dans un système de sonorisation de festival, les bords de la musique ont tendance à être adoucis par la production centrée sur l’apaisé presque émollient ce qui donne une sensation de rêve et de dérive. Sur le plan vocal, Emma Daman Thomas rappelle peut-être le plus Sonya Madan du groupe britpop Echobelly, dont le timbre doux dissimule une capacité à libérer des sons puissants et soutenus. Mark Daman Thomas interjette aussi occasionnellement des voix, et si son cri de ralliement « Hip hip hip hourra sur « Radel 10 » est efficace, ses phrases sur « Treasure » ont tendance à trainailler. 

Sur le plan thématique, il y a une fascination pour le psychédélique inhérent au monde naturel ; en témoignent des titres tels que « Caterpillar », « Geese », « Clouds » et « Moon ». « Caterpillar » ouvre l’album avec une guitare électrique lo-fi, bientôt subsumée par une magnifique boucle de batterie anti-gravité qui sonne comme une meute de chiens aboyant à travers de denses nuages de réverbération. « Geese » a l’ambiance d’une conversation trippante à 3 heures du matin avec un étranger dans un champ de Glastonbury, sa structure stop-start faisant sonner la chanson plus comme un remix que comme un original, subvertissant les attentes quant à l’endroit où elle pourrait s’aventurer ensuite.

« Cloud », quant à lui, évoque des images en accéléré du temps qui change dans le ciel, des caillots de cumulonimbus qui défilent. « Moon » sera est peut-être le moment le plus beau de l’album, où le chant et le piano électrique parcourent une étendue solitaire avant d’être engloutis par des traînées d’écho décalées et des remplissages de percussions martiales. Plus proche, « Gyratory Circus » présente des courbes de tonalité ondulantes qui donnent des frissons dans la colonne vertébrale. Le seul faux pas sera « Florist », où le chant sauvagement modulé sur les couplets s’avère une regrettable distraction. 

Islet ont créé avec amour leur propre petit monde kaléidoscopique. Il est facile d’y pénétrer et de s’y perdre pendant un moment parmi la faune et la flore colorées. 

***1/2

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