Deacon Blue: « Cry of Love »

Il est difficile de vieillir. Il est difficile d’être un bon ami. Il est difficile d’aimer quelqu’un qui ne vous aime pas en retour. Et il est encore plus difficile d’aimer quelqu’un qui vous aime vraiment. En fin de compte, il est difficile d’être une personne.

Non pas parce que nous ne pouvons pas vieillir avec grâce, ou être un bon ami, ou naviguer dans les revirements de la romance avec facilité, parce que nous le pouvons. Nous pouvons faire tout cela. Mais il est difficile de réussir jour après jour. Vous êtes nul aujourd’hui, mais demain vous brillerez et le jour d’après ? Qui sait ?

Ricky Ross de Deacon Blue sait tout ça. Il l’a toujours su. Et bien plus encore. En fait, le travail de Ross est un rappel doux et élégant que souffler est aussi beau que de bien faire et qu’il y a autant de philosophie qui vient avec les deux.

Tout au long de sa carrière, Ross a été un homme qui chante l’agonie de laisser tout cela s’échapper, des filles au grand cœur de la «North Country », et de tout laisser derrière lui pour marcher vers la grande fumée. Il a toujours compris la façon dont le cœur s’envole, la distance que la nuit peut parcourir et le regard de quelqu’un qu’on aime et qui ne reviendra jamais.

Mais en dépit de tout ce qui est lourd, Ross a toujours cru que l’amour l’emporte. Et non seulement cela, mais une vie sans amour est une vie sans espoir.

Créée en 1985, la formation de Glasgow s’inscrit parfaitement dans la lignée de ses contemporains comme Simple Minds, Prefab Sprout et The Waterboys. Sur leur dixième album City of Love – leur quatrième depuis leur réforme de 2012 -, ils rconservent une forme qui appelle au respect.

En fait, cette deuxième carrière de Deacon Blue produit sans doute son meilleur travail à ce jour soue le nom d’un City of Love qui ne fait que renforcer l’aura du combo et de son leader.

La chanson-titre est très ample ; elle met en lumière les personnes opprimées, fatiguées et spirituellement épuisées, et elle les rassure en leur disant que la seule chose qui ait un sens est de continuer à mettre un pied devant l’autre.

Et la récompense à cela vient assez rapidement sous la forme de ce joyau pop qu’est « Hit Me Where It Hurts », là où Ross chante quelqu’un qui trouve l’amour alors qu’il était au plus bas. Musicalement, ce bonheur inattendu s’envole puissamment dans l’un des refrains les plus entraînants de l’année.

Plus loin, dans le paysage ondulant dqui a pour nom « Take Me », Ross déclare : » »Il n’y a rien ici quand l’amour est enfermé » ; le plafond teinté, joué par Van Morrison « In Our Room » est un regard affectueux sur l’écosystème que les jeunes amoureux construisent et « Keeping My Faith Alive » sera un coup de percussion qui rappelle à Ross que dans l’une des époques les plus confuses de l’histoire, il « fera toujours avec ce que je sais  (go with what I know)».

La clôture est assurée par « Wonderful », un titre d’une brillance positive qui scintille d’une autorité hypnotisante, et par « On Love », un morceau de près de huit minutes qui est une narration théâtrale réunissant un récit qui va de Hawkhill à l’Australie ainsi que le long des routes sinueuses du cœur et des distances qui menacent de l’étirer jusqu’à ce qu’il se brise.

Ross chante ces différentes étapes de la narration et, à la fin, il observe que l’amour trouve un chemin lorsqu’il a une raison de le faire. C’est un sentiment qui rappelle « Ae Fond Kiss » de Robert Burns : « Qui dira que la Fortune le chagrine / Alors que l’étoile de l’espoir le quitte ? » (Who shall say that Fortune grieves him/While the star of hope she leaves him?) ainsi que « Song For A Friend » de Aztec Camera : « Réveillez-vous aux heures de cristal de l’hiver / Et donnez à ce qui vous prend à la fin » Awake in winter’s crystal hours/And give to what gets you in the end). Ceci constitue une écoute positivement captivante et essentielle.

Deacon Blue a été l’un des groupes les plus constants de la musique moderne et Ricky Ross reste l’une de nos plus vraies voix. Impossible, l’âge n’a fait que rendre sa voix plus luminescente et ses paroles plus sages et plus rassurantes. Nous vivons une époque troublée où City Of Love arrive à un moment crucial où nous pourrions tous avoir besoin d’une goutte d’âme. Et, celle-ci devrait remplir votre verre.

****

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.