Two Feet: « Pink »

Deux ans se sont écoulés depuis le dernier album de Two Feet, A Twenty Something F**ck, et l’attente de son nouveau, Pink. Bill Dess de Two Feet a toujours été extrêmement transparent sur sa santé mentale et sur la façon dont elle affecte son processus créatif. Bien qu’il ait pris un temps d’arrêt dans la production musicale, cela lui a permis de créer l’un de ses meilleurs albums, le plus diversifié musicalement, à ce jour.

Je pense que l’une des choses que nous avons tous en commun en tant qu’artistes, c’est que nous créons dans le but de traiter. La créativité peut aller et venir comme les saisons, tout comme le contenu lui-même évolue à nos côtés. Two Feet n’a pas fait exception à cette règle, en étant très public sur le fait de travailler sur sa santé mentale et sur le fait que la création de cet album a été pour lui un processus cathartique qu’il a volontiers partagé avec ses fans.  

La plus grande transformation que l’on peut constater sur cet album est le contenu lyrique brut de Two Feet. La plupart de ses musiques passées étaient plus lourdes du côté acoustique, et bien que des chansons comme celle-ci existent toujours sur le nouvel album, il a également ouvert un espace créatif plus important à une forme de narration très sincère.

Dès le début de l’album avec « Intr » », Two Feet nous présente un peu plus d’une minute de musique profonde, constructive et anticipative, sans paroles, qui préfigure l’ambiance qui régnera sur le reste de l’album. Il évolue vers un rythme funky, mélodique et bluesy juste avant de passer au « single », à savoir la chanson-titre.

Celle-ci nous raconte une histoire qui reflète la croissance de Bill au cours de ses vingt ans et ses luttes avec sa santé mentale qui s’achèvent avec des paroles comme « Je pense que je tombe, je trippe, et je rampe… Et je continue à vieillir, mon esprit se refroidit, les choses qui comptent toujours, je suis sûr qu’elles ne dureront pas » (think that I’m fallin, I’m trippin,  and I’m crawlin…And I keep getting older, my mind is getting colder, the things that always matter, I know for sure won’t last). Il parle de certains des combats qu’il a dû mener pour atteindre l’âge adulte à 25 ans et des dépressions et des angoisses qui entourent ces expériences. Plongeant davantage dans son contenu lyrique, Bill parle de ses luttes pour lâcher prise du temps passé en déclarant : « Toutes nos histoires ont pris le même chemin quand nous avions du temps à perdre » (All our stories went the same way when we had time to waste). Celui lui permet de donner un sens à l’idée que le temps semble de plus en plus rare à mesure que nous vieillissons est quelque chose qu’une grande partie de ses fans du milieu de la vingtaine peut comprendre, si ce n’est la totalité d’entre nous. La chanson se transforme ensuite en un refrain froid et doux avec un solo de guitare basse.

En plus du contenu lyrique, cet album montre à quel point le son de Two Feet a grandi et évolué (dans de multiples directions différentes). Il est connu pour ses riffs de guitare basse heavy profonds, sombres et contagieux, qui sont toujours très présents, mais qui sont également accompagnés de productions complexes, plus optimistes et plus énergiques. Cela est particulièrement évident sur « BBY », qui constitue un changement majeur par rapport à ce qu’il a publié auparavant. Le titre passe de « Pink »à une basse sanguine et palpitante avec des rythmes hip-hop sous-jacents entrecoupés d’un solo de guitare plus rock et elle tourne autour des paroles « I think I gotta let go », ouvrant la voie à la notion renaissance créative que cet album résume. 

Two Feet fait la transition vers de multiples espaces musicaux complètement différents tout au long de l’album et en tant qu’auditeurs, on peut presque ressentir les montagnes russes d’émotions que les dernières années de sa vie ont été, tant sur le plan créatif que personnel. 

« I Can’t Relate », vers la fin de l’album, est une surprise extrêmement agréable où Dess nous amène, avec cette chanson calme, luxuriante et acoustique, à intégrer l’idée que l’amour, aussi extatique soit-il, peut prendre fin. Il fait ainsi a transition vers la fin de l’album avec « We Will Be Alright », une composition qui aborde le thème de tomber amoureux avec des paroles comme « I want you by my side, I need you till the day I die », et une structure de guitare délicate et honnêtement réconfortante.

En plus de ce contenu lyrique lourd, Two Feet se permettra d’ajouter un morceau plus « complet » comme « I Felt Like Singing and Not Playing Guitar Pt. 2 » et nous lance ensuite « Maria », un hymne mélodique de fin de soirée dont le besoin st l’essentialité se feront sentir, subliminalement au fil de l’écoute

Dans son ensemble, Pink est opus transparent mais énergique et complexe. Frais et expérimental, il nous montre plus d’aspects de Two Feet que nous n’en avons jamais vus. Mais, en nous donnant un récit intime de son parcours créatif de ces dernières années, cet album fait surtout écho à ce que peut révéler une évolution musicale continue et témoignange de la croissance cdréative dont Two Feet est capable.

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