Mother: « Cold Beat »

« Flat Earth » et « Prism », les deux premiers « singles » de Mother, le nouvel opus du groupe post-punk Cold Beat de San Francisco et le quatrième album en tout, ont établi un standard assez élevé. Sans être trop enfumés ni trop groupés, ils dégagent une sorte de pop onirique comparable à celle des Cocteau Twins. Ecrit alors que la batteuse et chanteuse Hannah Lew était enceinte, l’album contemple ce monde dans lequel nous vivons et les idées qui viennent avec l’arrivée d’une nouvelle personne.

« Prism », le deuxième titre de l’album, donne le ton. Il est facile d’imaginer un accompagnement visuel avec des plans d’une voiture qui tourne dans les virages de l’autoroute de Big Sur ainsi que des flashs du guitariste qui gratte sur ses cordes. Il y a aussi un joli son électronique qui se superpose à la voix froide de Lew. Le « single » capture un retour fascinant à la pop-pensée des années 80 et début 90, Eurythmics ou Depeche Mode. L’ambiance rétro est un goût acquis, mais il fonctionne vraiment bien.

De nombreux morceaux comme « Paper » ou « Smoke » ont un effet de paroles étouffées, ce qui n’est pas inhabituel pour ce style de musique. Parfois, cela devient ennuyeux parce que les paroles sont primordiales par rapport à la musique elle-même, mais là encore, l’effet d’echo produit n’est pas déplaisant. Ces deux morceaux s’accordaient bien avec « Pearls » et « Gloves » » qui prouvent que le groupe intègre des aspects de la techno. L’application d’une interprétation « technologisée » du processus de fabrication de la musique (car l’industrie est parfois comparée à une usine plutôt qu’au fonctionnement organique plus lent de vrais artistes humains) est rendue créative et poignante par les bruits électroniques plus lourds. Elle offre un contraste solide et s’éloigne des sons instrumentaux plus aériens en brandissant un bord plus dur.

Le morceau-titre revient à ce que « Prism » a commencé avec son beat plus dur et sa basse. L’ambiance spatiale est de retour, tout comme le manque de clarté des paroles. Et Cold Beat tire le meilleur parti de longueurs de chansons relativement courtes. Ainsi, « Mother » n’est qu’à 2:34 et donne à l’auditeur suffisamment de puissance sans pour autant épuiser son attention Le dernier morceau, « Flat Earth », est une douce berceuse à l’instrumentation câline. La composition est empreinte de tendresse et de réflexion, de petits riffs de sons carillonnants qui ajoutent une texture intéressante au rythme et aux paroles répétitives. Bien que la répétition puisse avoir ses limites, la chanson semble une fois de plus s’achever bien avant d’être exagérée au point qu’on souhaiterait presque que « Flat Earth » continuat.

Mother est un ensemble de chansons captivantes et rejouables avec un malande de tempos et d’arrangements . C’est unalbum plein de surprises sans perdre sa cohésion ; me mélange de pop, de techno et de new age est bien géré et donne ainsi à chaque composition son propre espace.

***1/2

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.