Michael Peters & Fabio Anile: « Presence »

Lors de la création d’un album minimaliste, tout doit céder la place à l’approche que l’on adopte pour qu’un album ne soit pas simplement « fait » – il a besoin d’un cadre pour avoir un sens. Ce n’est pas une chose que l’on peut faire aisément. Parfois, les enregistrements minimalistes peuvent être créés à partir de rien, mais seulement si les personnes impliquées savent ce qu’elles font et comment elles doivent le faire. Les esprits « simples » ne peuvent pas créer de musique minimaliste car l’improvisation à partir d’une version abstraite de la musique nécessite beaucoup de compétences, de connaissances, de savoir-faire et d’expérience. 

Fabio Anile et Michael Peters, deux musiciens très expérimentés qui se partagent plus de 50 ans de pratique musicale, sont des connaisseurs et des instrumentistes très compétents issus de milieux très différents. Alors que Anile a été formé à la composition et à l’interprétation de la musique classique, Peters vient de la mouvance plutôt avant-gardiste du punk et de l’interaction directe. Les deux artistes partagent un sentiment de proximité lorsqu’ils se produisent ensemble, ce qu’ils ont fait sur une longue période. L’enregistrement de Presence a duré huit ans, probablement parce qu’ils n’ont pas suivi un modèle mais ont tout improvisé ensemble, ce qui, bien sûr, est assez difficile étant donné qu’il faut vraiment savoir où son partenaire est synchrone avec un son et une idée.

Lorsque vous combinez cela avec un immense sentiment de beauté, pour utiliser juste ce qu’il faut des éléments de la guitare de Peters (en boucle dans certains effets et autres, parfois même dans certains logiciels) ou la bonne pression sur les touches d’Anile (en incorporant également des enregistrements de « field recordings ») afin de faire sonner le tout comme une bande sonore parfaite pour un jour de congé dans le noir, Un gratte-ciel nouvellement érigé avant qu’il ne soit meublé ou au milieu de la pluie dans un bois dense et couvert de mousse. Les premiers rayons de soleil s’étendent à travers les nuages et vous touchent tandis que simultanément les dernières gouttes éclaboussent lourdement vos épaules et votre cou.

Il s’agit d’un très, très bel album ambient réalisé par deux musiciens qui se connaissent si bien, ainsi que leur instrument et l’autre, que le produit devait inévitablement être soit un précurseur pour être un album-phare pour les fans de post-rock et d’ambient avides de tels sons et nourris d’espaces non cloisonnés.

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