Porridge Radio: « Every Bad »

Formé à Brighton en 2015, Porridge Radio est un quatuor pop alternatif, post punk et new wave, dirigé par la chanteuse et guitariste Dana Margolin. L’esprit punk DIY brûle d’une lumière féroce dans un combo qui, après unene poignée de « singles » et d’EPs auto-produits et l’album Rice, Pasta And Other Fillers sorti en 2016 a vu la base de ses fans grandir des pubs de l’arrière-salle de Brighton à une reconnaissance mondiale. Le groupe, dont le son a été qualifié de « 2020 » présente ici son nouvel album, Every Bad.

En direct, ses prestations sont, parait-il, un incroyable tour de force grâce à une énergie serrée, brute et émotionnelle avec Dana Margolin et ses paroles désarmantes de confession et son style vocal urgent et émotionnel, se développant en une frontwoman naturelle. Bien que leurs productions précédentes aient été ntéressantes, elles n’ont pas, encore ; tout à fait saisi l’essence du groupe et en particulier de ses concerts.

Avec la sortie de « Every Bad » », le groupe a enfin réussi à capturer le vrai son qu’il s’efforçait d’obtenir. L’album a pour thème Dana Margolin et son état émotionnel. Il traite de ses relations avec sa famille, ses amis, ses amants passés et futurs. Il parle d’émotions mitigées, de son propre doute et de ses efforts pour trouver sa place dans le monde.

« Born Confused » est le titre d’ouverture de l’album ; une pure chanson alternative indie-pop. Margolin utilise le premier de ses textes désespérés « Merci de me quitter. Merci de me rendre heureuse » ( Thank you for leaving me. Thank you for making me happy). L’ouverture et la vulnérabilité des paroles de Margolin sont un plaisir rafraîchissant et constituent l’épine dorsale de l’album. T, à cet égard, Margolin emploie le style mantra dans Every Bad comme si elle essayait de convaincre l’auditeur, et elle-même, de sa propre valeur.

« Sweet » est le superbe « single » principal ; il est ancré autour d’une accroche au clavier merveilleusement simple et des paroles cathartiques de Margolin : « Et parfois, je ne suis qu’un enfant qui s’écrit des lettres à lui-même. Souhaiter à haute voix que tu sois mort, et puis le reprendre » (And sometimes, I am just a child writing letters to myself. Wishing out loud you were dead, and then taking it back) font de ce morceau une expérience totalement captivante.

Le caractère dramatique des paroles et de la voix de Margolin est égalé et reflété par l’ensemble du groupe. Par exemple, sur « Long », une magnifique explosion New Wave, avec un soupçon de Martin Hannett sur le son de la production, Margolin et le groupe montent en épingle une furie presque apocalyptique avant de tomber dans le riff lyrique de « I’m glad it’s not me ». Sur « Give Take », nous avons droit à une magnifique chanson pop sombre. Les chœurs tourbillonnent et Margolin nous montre l’étendue de ses talents vocaux.

Le remarquable « Lilac » et le mantra deviennent presque hypnotiques. Un appel désespérément suppliant et à moitié crié : « Je ne veux pas être amère. Je veux qu’on aille mieux. Je veux que nous soyons plus gentils avec nous-mêmes et les uns avec les autres »( I don’t want to get bitter. I want us to get better. I want us to be kinder to ourselves and to each other). L’émotion brute et ouverte et le débit vocal avec des paroles profondément personnelles est convaincant et remarquablement accrocheur.

« Circling » ; de son côté, est une danse macabre maritime, conduite au clavier. « Tout va bien, rien ne va mal, tout va bien » chante Margolin en essayant de se convaincre que l’amour n’est pas perdu( Everything’s fine, nothing is wrong, everything’s fine). Le son de Martin Hannett est vraiment mis en avant sur le morceau de clôture de l’album » »Coming Home ». La batterie sonne merveilleusement rétro, tout comme le riff de guitare tourbillonnant.

Il y a beaucoup de groupes qui ont fait des carrières entières et qui n’ont pas touché à la capacité lyrique et émotionnelle de Porridge Radio. Every Bad nous offre une écoute pétrie d’émotions Musicalement, l’opus est étonnamment diversifié. Il y a un mélange intéressant de sonorités du début des années 80 et du début des années 90. Sur le plan des paroles, il y a une touche de Karen O et de Charli XCX, un mélange qui a ainsi donné naissance à un excellent album, capturant à merveille la crudité brute et l’excitation générees par leurs spectacles.

***1/2

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