Psycho Comedy: « Performance Space Number One »

Il arrive qu’un album vienne de nulle part, qu’il existe dans un monde qui lui est propre, que seuls ses créateurs comprennent parfaitement. Habituellement, pour leurs premiers efforts, ces créateurs ont eu le luxe d’avoir le temps de créer des versions sonores de leurs espaces de tête. Dans le cas de Psycho Comedy, ils ont fonctionné comme un groupe pendant cinq ans avec des sorties limitées, sans doute en s’efforçant de faire de leurs débuts un reflet aussi proche que possible de leur espace de tête particulier.

L’attention est immédiatement attirée par le morceau d’ouverture, une déclaration d’intention comme on peut s’y attendre d’une chanson portant le nom du groupe, une offrande vaudevillienne (pensez aux premiers Horrors) qui ouvre le rideau pour révéler le royaume étrange que nous allons habiter. Si vous ne saviez pas déjà que Psycho Comedy est originaire de Liverpool, vous le saurez dès que le parolier et frontman Shaun Powell émettra ses premiers sons distinctifs. Comme leurs ancêtres spirituels The Coral, ils enterrent les airs autant que possible, mais ils continuent à faire le chemin jusqu’au sommet.

De même, dans « First Cousin Once Removed, » Powell oppose à Miles Kane une guitare carillonnante et un rock garage qui sonne cinquante ans en arrière mais qui est merveilleux pour lui, avec un soupçon de Northern Soul pour faire bonne mesure. Performance Space Number One pourrait être un échantillon du classique de Troggs, « Wild Thing », à la première écoute, tandis que le galopant « Pick Me Up » (un « single » récent), rempli de cloches dnne le sntiment qu’il fait partie d’un classique, bien que tiré de la série des Nuggets. Les influences ne cessent d’arriver ; » I’m Numb » reprend les sons entraînants de » Lust For Life » mais y ajoute un riff de guitare surf rock pour faire bonne mesure. « The Hangman » évoque Peter Gunn avec des guitares qui s’entrechoquent avant de céder la place à un courant de conscience de Powell. En revanche, la basse semble fonctionner dans un autre domaine.

Le mélodrame y sera également roi ; le diptyque « We Adore You », qui se montre arrogant, confronté et vulnérable, et « Sleepwalk », sui nous conseille de « larguer ce soleil ».(jettison that sunshine).h Cela peut sembler déprimant, mais la droiture avec laquelle il est livré l’emporte sur tout le reste. En revanche, le joyeux « Standin’ » possède la mélodie d’un morceau de pop bubble-gum, mais, une fois de plus, cachée sous des guitares métalliques cliquetantes et clinquantes. L’album est interrompu par de courts morceaux parlés (« Island », « The Theatre Came Crashing Down ») qui font office de brefs intermèdes, d’occasions de reprendre son souffle et d’échapper au maelström du bruit glorieux avant de repartir.

Psycho Comedy a pris des éléments d’inspirations diverses qui devraient ou devraient être plus connues : Echo & The Bunnymen, The Velvet Underground, The Cramps et The Blinders peuvent tous prétendre avoir leurs empreintes sur Performance Space Number One, mais le quintette a le bon sens et la vision nécessaires pour fusionner ces influences afin de créer une œuvre qui se démarque.

Comme ces influences, il est peu probable qu’ils atteignent le succès général, mais ce sera sans doute leur lourd tribut que d’être des secrets particuliers qui ne devraient être partagés qu’avec quelques élus. En revanche, et suivant une belle et tutélaire tradition, Psycho Comedy devrait être le prochain grand groupe de Merseyside.

****

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :