O Stars: « Blowing on a Marshmallow in Perpetuity »

0 Stars est l’idée de Mikey Buishas, et le dernier en date des nombreux projets musicaux auxquels l’auteur-compositeur new-yorkais a participé ces dernières années. Le premier album, Blowing on a Marshmallow in Perpetuity, contient de nombreuses facettes du style unique de Buishas que les auditeurs ont coutume d’attendre dans sa musique où cérébralité rime avec guitare ainsi que sa voix incomparable et précaire, telle qu’on l’a entendue dans les groupes précédents qu’ont été Really Big Pinecone et le duo clarinette-guitare .michael… En même temps, ce disque représente un changement d’orientation palpable vers une forme d’expression plus libre qui privilégie le plaisir plutôt que la perfection dans le processus d’enregistrement et qui culmine dans certainres de ses compositions les plus fortes à ce jour. C’est un disque sérieusement brillant qui ne se prend pas trop au sérieux, tout en parvenant à trouver de la profondeur dans ses réflexions sur l’amour non partagé, la solitude et l’estime de soi. 

Les excellentes performances captées sur l’album, qui incluent les contributions des collaborateurs Stephen Becker, James Gentile, Michael Sachs et Renata Zeiguer, sont merveilleusement ondulées : les rythmes dansent , en ou haors tempo, tout comme les bois qui se tordent, les synthétiseur et les échantillonnages qui se collent à la colonne vertébrale, se plient et se désaccordent et qui rendent l’expérience agréablement désagréable. Dans chaque morceau, il y a une soif d’exploration enfantine, un choix délibéré de Buishas, qui partageait l’idée qu’il n’y avait pas d’autre objectif clair que d’arriver à la fin et de donner une liberté de mouvement au processus de création Ces petites imperfections travaillent paradoxalement à rendre l’ensemble plus parfait, car les chansons oscillent entre des signatures temporelles bizarres et des tempos instables, parfois seulement pendant quelques secondes avant de revenir à une structure pop plus familière.

Une énergie frénétique mijote sous cette collection de chansons apparemment apprivoisées, dont la moitié ne dépasse pas deux minutes chacune. Il ne s’agit pas tant d’un examen exhaustif d’un seul sentiment, mais de minuscules éclats de volatilité émotionnelle, constamment soumis à des changements. La complexité discrète de la musique est loin d’être un spectacle nourri par l’orgueil, mais sert plutôt à renforcer les nombreux messages relatifs à l’album.

Il est également impossible de passer à côté de l’énorme importance accordée au motif des secrets, qui revient plusieurs fois dans les paroles ironiques et autodérisoires de Buishas. Sur le titre bien choisi « Secret », on le trouve désireux de connaître le secret des choses même si, comme il le dit : « I still don’t know the secret / I don’t think I’ll ever know the secret. » (Je ne connais toujours pas le secret / Je ne pense pas que je le connaîtrai un jour). Dans le cas de ces chansons bancales, on accorde une importance particulière aux secrets, non seulement pour leur mystère, mais aussi pour la délicate intimité qu’ils signifient entre deux personnes. Comme il le dira plus tard dans la ballade au piano, « Real Love Song » : « f I knew the secret word, you would know it too, ‘cause I would only tell you » (Si je connaissais le mot secret, tu le connaîtrais aussi, car je ne ferais que te le dire), le tout accompagné de flûtes frémissantes qui s’épanouissent en un crescendo émouvant. Partager un secret avec quelqu’un, c’est lui accorder un niveau de confiance réservé aux relations les plus étroites ; il y a une croyance inhérente dans la bonté de l’autre et dans sa capacité à respecter suffisamment ses entrailles émotionnelles pour les garder privées, et en ce sens, sacrées – c’est ce que Buishas recherche. C’est une demande d’être laissé entrer par quelqu’un que vous admirez, et peut-être même que vous aimez – bien qu’il semble que son appel reste sans réponse à la fin de l’album. Les tendances de Buishas en tant que parolier, cependant, laissent entendre que cette absence de clôture peut être considérée comme une déclaration émouvante en soi. 

Ne confondons pourtant pas l’extérieur charmant de Marshmallow avec un manque de profondeur. Au contraire, c’est un disque profondément intelligent et sensible, conçu par l’un des auteurs-compositeurs les plus intelligents dans son genre aujourd’hui.

****

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.