Peggy Sue: « Vices »

Pour un groupe qui a transcendé une décennie, la production musicale de Peggy Sue est restée assez constante. Leur premier album, Fossils and Other Phantoms (2010), est sorti à une époque où tout ce qui est vaguement acoustique est devenu synonyme de l’esthétique nu-folk de Mumford and Sons. Pour leur deuxième album, Acrobats, Katy Young et Rosa Slade se sont appuyées sur un son plus sombre, guidées par John Parish, célèbre pour son travail avec PJ Harvey.

Mais c’est avec Choir of Echoes, la dernière sortie du groupe en 2014, que Peggy Sue s’est produite devant les plus grandes foules de leur carrière. Bien qu’au lieu de propulser le duo dans les plaines stratosphériques de la popularité, Young et Slade ont pris du recul. Reconnaissant que leur façon de faire de la musique n’était pas forcément très bonne pour eux, ils ont cherché à rendre à Peggy Sue sa positivité.

Si Choir of Echoes a trouvé la solidarité à travers la voix humaine, Vices est l’album qui dissipe les mauvais comportements et les relations toxiques – une notion à laquelle nous pouvons tous nous identifier à une époque de flux climatiques et politiques. Les puristes se réjouiront du retour en forme du groupe. Le producteur de longue date Jimmy Robertson est de retour à bord (l’homme derrière Choir of Echoes et l’accompagnement musical du groupe en 2012 pour le court métrage Scorpio Rising).

La tendre complainte « Remainder Blues » défend les mélodies entrelacées qui sont la signature du duo, tandis que « Better Days, » qui se distingue par sa gentillesse, réfléchit à une sorte d’acceptation : « This is the best that we can do for the moment »  (C’est le mieux que nous puissions faire pour le moment). « In Dreams » maîtrise les cordes façon spaghetti western et les trillesque d’autres ont utilisées en leur absence (voir : Juniore, La Luz) tandis que « Validate Me » exploite habilement une amorce de conversation très millénaire alors que nous nous efforçons tous désespérément de trouver un moment de reconnaissance.

Si Peggy Sue n’a jamais vraiment atteint les hauteurs vertigineuses des visites de Mumford and Sons, de la taille d’un stade, leurs récits savamment tissés en sont plus que dignes.

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