Best Coast: « Always Tomorrow »

Les Californiens de Best Coast sont de retour avec leur quatrième album, le plus introspectif à ce jour : Always Tomorrow. La chanteuse Bethany Cosentino continue de fouler les thèmes de l’insécurité et du doute de soi, mais le disque se définit par son développement personnel plus évolutif ce qui inclut des nouveaux niveaux d’acceptation de soi et de gratitude.

Une autre caractéristique déterminante de l’album est le son rock gonflé de Bobb Bruno, son co-fondateur avec Cosentino. L’album déborde de riffs endiablés, de refrains envoûtants et de tempos percutants, polis par des synthés subtilement chatoyants et une production fluide. Le morceau d’ouverture « Different Light » reflète tous ces détails : «  Who am I to judge if you still see things in a different light » (Qui suis-je pour juger si vous voyez encore les choses sous un autre angle ?) demande Cosentino avec diplomatie.

Sur « Everything Has Changed », dont l’hymne rappelle le « Beverly Hills » de Weezer, son ancien compagnon de scène, elle décrit l’avant et l’après de sa vie idéalisée, depuis l’abandon insouciant de la jeunesse débauchée, où elle ne buvait que de l’eau et du whisky, jusqu’à une vie plus sédentaire où elle promenait son chien, vivait dans une grande maison et faisait la cuisine pour deux chaque jour. Ce titre aborde également les critiques et les brimades auxquelles Cosentino a dû faire face ; « I used to cry myself to sleep reading all the names they called me. Used to say that I was lazy, a lazy, crazy baby. Did they think that maybe I was in on it? » (J’avais l’habitude de pleurer pour m’endormir en lisant tous les noms qu’on m’appelait. Je disais que j’étais paresseuse, un bébé paresseux et fou. Est-ce qu’ils pensaient que j’étais peut-être dans le coup ? Mais même si elle fait référence à ses critiques, sur « Wreckage, elle réfléchit toujours sur elle-même et son image de soi : « No one’s saying that I’ve got so be perfect, so why do I keep pushing myself? » (Personne ne dit que je dois être parfaite, alors pourquoi est-ce que je continue à me pousser ?)

« Everything Has Changed » et « Wreckage » abordent également le blocage de l’écrivain. «  If everything’s okay, then what the hell do I complain about? » (Si tout va bien, de quoi diable me plaindre ?) chante-t-elle sur le premier. Et sur le second : «  wanted to move on, but I kept writing the same songs » (Je voulais passer à autre chose, mais j’ai continué à écrire les mêmes chansons.)

Le syndrome de l’imposteur s’installe complètement sur « Graceless Kids » : «  Who am I to keep preaching to the graceless kids of tomorrow? They need a hero, not a wreck. I’m just a phony in a floral print dress . » (Qui suis-je pour continuer à prêcher aux enfants sans grâce de demain ? Ils ont besoin d’un héros, pas d’une épave. Je ne suis qu’un imposteur dans une robe à imprimé floral), chante-t-elle en s’habillant.

Cosentino se reproche également d’être coincée dans de vieilles habitudes et de vieux schémas, comme rester trop longtemps au lit ou tomber amoureuse de types qui ne savent pas ce qu’ils veulent. Mais elle se réjouit aussi des progrès qu’elle a accomplis. Sur le thème élastique, fantaisiste et clairvoyant « Feel Like Myself Again », elle semble renouvelée : « On Friday nights, I don’t spend too much time lying on the bathroom floor like I used to. The demons deep inside of me, they might have finally been set free. And I guess this is what they mean when they say people can change, ‘cause I finally feel free. I feel like myself again, but for the first time. » (Le vendredi soir, je ne passe plus trop de temps allongée sur le sol de la salle de bains comme avant. Les démons qui sont au fond de moi, ils ont peut-être enfin été libérés. Et je suppose que c’est ce qu’ils veulent dire quand ils disent que les gens peuvent changer, parce que je me sens enfin libre. Je me sens à nouveau moi-même, mais pour la première fois). La chanson parle de la distance la plus grande que Best Coast semble obtenir par rapport à son anvien répertoire comme « Why I Cry », sur lequel on chante désespérément « Look to the future, nothing’s there. Don’t know why I even care. Walk around in a haze. Seems to be the way I spend my days. I’m stuck in the gray.. » ( Je ne sais même pas pourquoi je m’en soucie. Marche dans la brume. Il semble que ce soit la façon dont je passe mes journées. Je suis coincé dans le gris.)

Musicalement, Always Tomorrow est très loin des débuts lo-fi de Best Coast, qui sont imprégnés de distorsions. Sur le plan thématique, cependant, Cosentino est toujours aux prises avec les problèmes qui l’ont toujours rongée. Mais c’est un travail en cours, et de plus en plus, elle prend le dessus sur ses insécurités et convient que, pour toutes les fois où celles-ci la perturbent, il y a toujours un lendemain, un « always tomorrow ».

***1/2

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