Babehoven: « Demonstrating Visible Difference of Height »

Délicatement élaboré pendant trois mois dans les bois du Vermont, Babehoven, sous la direction de l’auteur-compositeur Maya Bon de Philadelphie aux côtés de Ryan Albert de Pornog, livre un EP de cinq titres confrontant les luttes familiales, les nouvelles relations et l’expérience de la dissociation de soi. La voix de Bon est au premier plan de chaque morceau, tandis que les instruments d’Albert racontent leur propre paysage sonore complémentaire, simplement structuré, mais parfaitement tonique, pour compléter le dynamisme de la voix et du lyrisme de Bon. 

« I’d rather be lost, than a loner / I wish I had the choice, anyway » (Je préfère être perdu qu’un solitaire / J’aimerais avoir le choix, de toute façon), déclare Bon dans l’introduction du EP « Only So ». Vocalement mené et instrumentalement timide, il est presque aliéné des pistes suivantes, se délimitant clairement comme la seule chanson qui n’a pas encore été écrite avant l’enregistrement. En tant que tel, son thème de l’isolement est profondément enraciné, invoquant immédiatement l’imagerie dramatisée de leur être seul dans les bois. À certains moments, la voix de Bon devient exaspérée dans sa montée, ces moments d’inflexion indiquant une catharsis douloureuse, mais elle est tellement enveloppée de simplicité brute qu’elle invite au réconfort dans des sujets autrement trop difficiles à affronter. C’est dans ce pousser-tirer sans fioritures d’une solitude complaisante qui ouvre le paysage sonore que l’on comprend vite pourquoi, pour Babehoven, la simplicité est nécessaire.

« Confident and Kind » souligne ce sentiment d’aliénation sonore, alors que son paysage sonore boisé et sombre danse en incongruité avec le lyrisme ludique de Bon. À la fois ode satirique aux principes consuméristes complaisants de « l’auto-prise en charge » : « Went to the salon to treat myself / Searching for a way to restore my health » … « I feel awful / So much for self care »(« Je suis allée au salon pour me soigner / Je cherche un moyen de me refaire une santé » … « Je me sens mal / Tant pis pour l’auto-prise en charge) et commentaire affligé sur les difficultés de l’acceptation de soi, les lamentations de Bon insufflent de l’humour dans son récit brutalement pellucide. En liant sans effort des vignettes abstraites à un commentaire sur la consommation et le moi, « Confident and Kind » devient ludique dans sa circularité et étonnamment joyeux malgré son paysage sonore sombre. « Asshole » poursuit cette tendance, mais la transcende ouvertement. Son chant sédatif et son murmure instrumental maîtrisent son imagerie mordante, éclipsant l’imagerie brutatiste des limites corporelles dans les nouvelles relations, flirtant avec l’ironie.

***1/2

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