Humanist: « Humanist »

Humanist inspiré et créé par le musicien Rob Marshall, explore avec brio les recoins profonds et sombres de la race humaine, avec le soutien d’une série d’artistes révolutionnaires. Alors que la moralité, la spirale des taux de suicide, la fragilité de la planète, la fragmentation des nations et le chaos politique sont mis en évidence, ce disque pourrait être la bande sonore de cette existence difficile à laquelle nous serons tous confrontés en 2020. Pour autant, il n’est pas du tout percutant et ne se retient pas avec sa puissance rock industrielle et post-punk, adoucie et entrecoupée de quelques propositions plus réfléchies.

Marshall, l’ancien guitariste d’Exit Calm, qui vient du nord-est de l’Angleterre, a écrit, produit et joué tous les morceaux de cet album. Il s’est inspiré du décès soudain d’un collègue musicien et chanteur, Gavin Clarke. Incroyablement, ce n’est pas seulement le premier projet solo de Rob, mais aussi ses débuts en tant que producteur. Il y a des contributions vocales de Mark Lanegan (Screaming Trees, Queens of the Stone Age), Dave Gahan (Depeche Mode) et Mark Gardener (Ride). Lanegan était déjà bien conscient du don de Marshall pour les compositions, après que Rob ait co-écrit sur Gargoyle, l’un des albums les plus réussis de Lanegan, et une demi-douzaine d’autres titres cosignés par Rob sur la sortie en 2019 de Somebody’s Knocking, acclamé par la critique.

Et ce sont les deux premiers titres de Mark Lanegan qui donneront à l’album un départ palpitant. Une intro douce et ambiante sur « Kingdom » se lancera ensuite dans une réflexion sérieuse sur les paroles de Mark Lanegan : « I am the shark below the surface, I am the love that you forsake…riding through the kingdom, death is riding by my side » (Je suis le requin sous la surface, je suis l’amour que tu as abandonné… chevauchant à travers le royaume, la mort chevauche à mes côtés). « Beast of a Nation » s’ouvre sur une ligne de basse lourde et industrielle, emmenant l’auditeur dans un autre voyage de recherche avec Lanegan : «  took a train to nowhere, and nowhere is a place I’ll never leave.. » (J’ai pris un train pour nulle part, et nulle part est un endroit que je ne quitterai jamais…)

Il sera, en outre, bon, dans « Shock Collar », il est bon d’entendre à nouveau la voix de Dave Gahan. Ce « single » est un hymne expansif, générateur d’adrénaline, qui vous fait vous asseoir et écouter, vous ramenant à l’époque du synthé-rock des années 80, mais avec la couche supplémentaire de la guitare de Marshall.

« Ring of Truth », avec Carl Hancock Rux (Portishead, collaborateur de David Holmes), est le premier « single » d’Humanist à être sorti ; Il aurait pu être produit par le regretté Martin Hannett, avec des échos de son grand travail Unknown PLeasures de Joy Division, dont l’influence est évidente ici. Dépouillé et torturé par endroits, Marshall a réfléchi aux origines de cette chanson sur la façon dont nous souffrons tous du profond fardeau de problèmes mondiaux.

D’une durée de plus de huit minutes, « English Ghosts » avec John Robb (The Membranes) est une pure épopée post-punk. Alors que « In My Arms Again », avec Joel Cadbury, évoque les Dandy Warhols à leur apogée, il affiche un côté rêveur qui se développeea vers une fin psychédélique. L’album prend ensuite une direction plus calme avec le regretté et sincère « Truly Too Late » d’Ilse Maria et le magnifique et sinueux « How You’re Holding Up » du légendaire auteur-compositeur-interprète Ron Sexsmith : « Our dreams have upped and disappeared… » (Nos rêves se sont envolés et ont disparu….)

Le dernier morceau, « Gospel », sur lequel figure Lanegan une fois de plus, est un crien direction du ciel, qui jette toutes les émotions humaines brutes figurant sur l’album dans un dernier éclat de voix, celle d’une quête désespérée.

Humanist capture à merveille l’essence de notre entreprise humaine si complexe, avec une réalisation brutale des réponses que nous cherchons sans cesse et de toutes les luttes que cette quête implique. Comme Marshall le dit lui-même, la musique examine « …the ways we find meaning, the very liberation of the human spirit. » (…les moyens de trouver un sens, la libération même de l’esprit humain).. L’album a une réelle profondeur et authenticité, ce à quoi tous les artistes aspirent. Il ne fait aucun doute que la crédibilité immédiate d’Humanist découle quelque peu des collaborations inhérentes à ce projet ; toutefoias c’est à Marshall qu’il faudra accorder ce crédit énorme d’avoir eu la vision claire, le courage et la ténacité de le réaliser si bien. Un début remarquable !

****1/2

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