Green Day: « Father of All Motherfuckers »

Green Day vante ce nouvel effort comme un disque de rock sans prétention, de rock dans sa plus pure définition. Venant d’un groupe qui a passé le plus clair des 20 dernières années à se compliquer la vie en montant des opéras punk rock conceptuels et orchestraux, ça aurait été un vent de fraîcheur, pour vrai. Si on n’arrête pas de nier que le rock est mort et s’il faut se fier à Green Day pour tâter le pouls du style, mettons que le cadavre serait à un stade avancé de putréfaction.

Selon le combo donc, un disque de rock pur, en 2020, en est un qui recycle les riffs les moins stylés des 40 dernières années pour les mêler à l’ADN déjà vieillissant des hits de groupes comme les Strokes, les White Stripes Qyeens of the Stone Age, ou les Black Keys, le tout dans une production hyperléchée et faussement nonchalante. Une réécriture complète et avouée de Dookie aurait été plus satisfaisante que cette bouillie rock à numéro. Au sein de cette catastrophe concise, une seule chanson nous rappelle l’énergie du Green Day des débuts (« Sugar Youth »).

Étant donné que le contact avec le reste de l’album est aussi peu agréable que cette resucée on ne m’attardera pas trop dessus. Disons simplement que la chanson titre, qui ouvre l’album, est une version «pub de iPhone» édulcorée des White Stripes, que « Oh Yeah! » repique des éléments de la pièce « Do You Wanna Touch Me (Oh Yeah) » de Gary Glitte et de « My Sharona de The Knack. Le groupe prend clairement son public pour une bande d’ignares avec des références aussi marquées. American Idiot contenait lui aussi son lot de repiquage de classiques, mais c’était quand même fait avec plus de subtilité. Là, c’est juste du mauvais goût.

Il semblerait que le trio californien a eu beaucoup de plaisir à enregistrer ce disque-là ; on peut coir cette affirmation-là comme un désir de ne plus être Green Day, tout simplement.

Le « plagi-hommage » continue de plus belle avec « Meet Me on the Roof » et ses handclaps et ses harmonies vocales hautes perchées. Encore une chanson qui pourrait facilement jouer avant les bandes-annonces de film au cinéma. Pensez aux chansons rock les plus génériques que vous avez entendues dans votre vie et vous n’êtes pas loin de la vérité.

« I Was a Teenage Teenager » nous rappelle un autre combo sur lequel on s’interroge, à savoir Weezer ce qui tombe bien vu que les deux groupes partent en tournée ensemble cet été.  En 2020, sur la planète mainstream, les rockeurs font du recyclage ; on peut avoir mal au coeur et aussi au rock.

**

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :