Alien Nosejob: « Suddenly Everything Is Twice As Loud »

Jake Robertson est prolifique, cela est indubitable. Faisant partie de groupes australiens de renom comme Ausmuteants et School Damage, Alien Nosejob est devenu son projet solo. Son nouvel album, Suddenly Everything Is Twice As Loud est un disque de punk noise monumental.

Depuis quelques années maintenant, la tendance pop bancale de son Various Fads And Technological Achievements de 2018 a été assombrie par un son plus lourd cette fois-ci, ce qui n’est pas une mauvaise chose. Là où cette sortie a canalisé ces autres aventuriers sonores solitaires que sont R. Stevie Moore et Syd Barrett, le bruit et le thrash ont été – à juste titre pour un album intitulé Suddenly Everything Is Twice As Loud – considérablement augmentés.

Les douze chansons vibrent d’une technique consommée et d’un effort sérieux ; Robertson n’a pas besoin d’une narration écrasante ou de touches stylistiques lourdes. Toute son attention et son expérimentation se concentrent cette fois sur la façon dont il peut tisser ses instruments de façon cohérente pour faire un disque punk exemplaire voire emblémétique.

Sa voix sarcastique oscille entre l’incohérence et les cris au-dessus de ses éclats de guitare, et pas une seule chanson ne dépasse quatre minutes, comme tout bon album punk ne devrait jamais le faire, ce qui signifie que l’auditeur n’a jamais un moment pour réfléchir ou se reposer. Robertson possède toujours la capacité de jouer plus légèrement, en se référant à diverses modes : la pop de « Weight Of The World » coupe immédiatement l’ouverture frénétique et anxieuse de « Television Sets », avec un refrain mémorable et des riffs accrocheurs et «  Rainbow Road » est si près de The Cleaners From Venus qu’il rend hommage à cette formation conique en matière de bricolage sonique.

Le punk dur domine ctoutefois, notamment dans le tranchant « Black Sheep », un hymne punk qui étouffe et subjugue par son intensité et les persussions lancinantes d’« Emotional Rep » sont couronnés par une voix digne de celle d’Iggy. Tout lyrisme digne de ce nom est un classique du punk, dégoulinant de nonchalance et d’attitude, comme lorsque Robertson déclare à ses amis « I don’t need no love no more » sur « Don’t Need Your Love ». C’est le « single » le plus ouvertement personnel du disque mais il n’en demeure pas moins qu’il est d’une universalité innée.

On ne sait pas si Robertson continuera à se poduire sous le patronyme de Alien Nosejob ou s’il reviendra à ses autres projets en 2020 mais, si l’on devait juger sur ce seul album, on pourrait espérer qu’il y a un avenir pour cette entreprise solo. La production musicale grand public est aujourd’hui si bien peaufinée qu’elle semble si qu’il est essentiel que des musiciens purs et durs comme Robertson produisent des albums honnêtes et passionnés comme celui-ci.

***1/2

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