Terry Allen & the Panhandle Mystery Band: « Just Like Moby Dick »

Le dernier album de Terry Allen, Just Like Moby Dick, sa première sortie depuis Bottom of the World en 2013, nous présente l’artiste comme un fou du roi incriminant notre monde postmoderne. C’est, en effet, un endroit où le temps se replie sur lui-même et où regarder en arrière n’est qu’une autre façon de regarder en avant. Être seul ainsi, c’est tout simplement se perdre dans la foule. La mort n’est qu’une autre façon d’échapper à la vie. Les nouvelles ou évènements n’ont pas changé depuis les temps anciens et les gens sont toujours les mêmes, obsédés comme Ahab par une quête de sens sans intérêt.

L’Allen du XXIe siècle est le même que celui qui, dans les années 1970, a réuni pour la première fois le surréalisme et la musique country. Il n’a peut-être pas fait de la musique en permanence, mais il n’a jamais cessé de nous présenter un art qui se moque de la condition humaine. Cette sortie le met en scène avec ses alliés de longue date, The Panhandle Mystery Band. Le groupe comprend le coproducteur Charlie Sexton à la guitare, le chef d’orchestre, la guitare slide, le pedal steel et le dobro de Lloyd Maines, le chant de sa femme Jo Harvey Allen et du maestro de l’Americana Shannon McNally, son fils Bukka Allen à l’accordéon et au piano, le batteur Davis McLarty et d’autres musiciens au violon, au violoncelle, à la basse et au djembé. Parmi les collaborateurs qui n’ont pas joué, on trouve Joe Ely et Dave Alvin, qui ont participé à la coécriture de certains morceaux.

Comme d’autres artistes extérieurs tels que Tom Waits et Howe Gelb, Allen a un sens de l’humour sinistre qu’il utilise pour alléger ses prnarrations et ajouter une profondeur émotionnelle à des situations apparemment innocentes. Dans le monde d’Allen, le nez de Geppetto dépasse celui de Pinocchio lorsque la marionnette descend ses sous-vêtements et dans une autre chanson, la dernière strip-teaseuse de la ville meurt, et personne ne peut contacter aucun de ses proches. Cependant, le narrateur qui ne l’a jamais rencontrée ne peut s’empêcher d’appeler à plusieurs reprises le numéro de téléphone qu’elle a laissé sur un morceau de papier dans son portefeuille. Sur une autre piste, lorsque le cirque arrive dans la ville pleine de vampires, les morts-vivants mordent les clowns qui ne sont plus si drôles. Ces contes sont livrés de manière directe avec un un haussement d’épaules; une manière de signifier que, dans notre univers où tout est insensé, c’est peut-être me grotesque qui jalonne notre quotidien, banalise l’extravagance eu point de nous apprivoiser à cette nouvelle normalité formelle.

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