Squirrel Flower: « I Was Born Swimming »

« I tried to be lyrical, but lyrics failed me / So I gave up poetry and ran west on I-80 » .  (J’ai essayé d’être lyrique, mais les paroles m’ont fait défaut / Alors j’ai abandonné la poésie et j’ai couru vers l’ouest sur la I-80). Ainsi s’ouvre le premier album de Squirrel Flower, I Was Born Swimming, un disque en perpétuel mouvement.

Squirrel Flower – de son vrai nom Ella O’Connor Williams – a perfectionné son art pendant des années au sein de la scène DIY de Boston. Il est donc logique que ce disque ne soit pas associé à un premier album, mais qu’il soit plutôt le son d’une artiste en pleine forme. L’habileté de Williams à la guitare est la pierre angulaire de chaque chanson, allant du riff déchaîné de « Red Shoulder » au doux doigté de « Headlights », en passant par la lente et obsédante batterie de « Rush ».

Le titre I Was Born Swimming fait référence à la naissance de Williams, au fait qu’elle est sortie de l’utérus en flottant encore dans le liquide amniotique. Bien que cette action soit stationnaire, dans le contexte du disque, elle représente le mouvement, la nage comme propulseur et pas seulement ce qui vous maintient à flot. Le disque se déroule alors, dans son esprit, sur les autoroutes de nuit, dans une voiture sombre et silencieuse avec des bandes de lumière qui s’illuminent puis se retirent à jamais.

C’est l’imagerie dont Williams s’inspire dans ses paroles qui vous situe là, à commencer par ce voyage initial, sa course vers l’ouest sur la I-80. Puis, sur « Headlights », elle « Driving through a wooded valley west of state / Mist throwned at the car in shrouded pockets, ghostly and cool » et dans le refrain, « Headlights look different when I’m looking over my shoulder ». Sur « Street Light Blues », un réverbère bourdonnant est une métaphore d’une relation défaillante ; et sur l’avant-dernier morceau, « Belly of the City », elle rentre chez elle en chantant : «  I know the darkness of these roads as well as you do »

Malgré le sens de ce mouvement, on n’a pas l’impression que Williams conduit, court ou nage vers ou loin de quelque chose en particulier. Au contraire, qu’elle est en voyage parce que cela signifie quelque chose en soi que de s’asseoir seule dans une voiture sombre et silencieuse et de voir tout devenir plus clair. Sur le dernier morceau du disque, « I Was Born Swimming », elle chante : « Born swimming in blue water / Didn’t ever need another ». Avec cette ultine chanson, le voyage est peut-être terminé, ou bien il fait un nouveau tour vers on ne sait quelle destination.

***1/2

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