The Devastations: « Coal »

Il est presque inévitable de reconnaître les similitudes entre The Devastations et leur compatriote Nick Cave. Conrad Standish pose, en effet, son murmure noir sur la majeure partie de Coal, chantant des « torchsongs » sans torche, perfectionnant sa marche en état d’ébrieéé sur la corde raide de ce disque. Mais il y a suffisamment de fioritures curieusement ornées dans ce deuxième album de Devastations pour leur donner leur propre espace et personnalité, et pour faire de Coal plus qu’un épigone de même nature.

Sur un rythme fruité et programmé et un orgue scintillant, Standish s’épanouit profondément dès le début de l’opus avec « Sex & Mayhe », puis s’étend littéralement sur les cordes, le jeu entre piano et optique et le roucoulement des voix féminines. Il faudra à peine trente secondes pour réaliser qu’il s’agit d’un album fait pour minuit, rempli d’introspection comme seuls la nuit et les verres vides peuvent offrir. Les couplets de « The Night I Couldn’t Stop Crying » abritent des cordes à peine audibles qui vous mènent à un refrain au piano, fourni par Tom Carlyon, un musicien dont les ajouts d’orgue et de piano donnent à Coal une lueur et un optimisme cachés entre ses plis de velours.

Entre Tindersticks et Black Heart Procession, ces moments d’ouverture sont riches, accueillants, sombres et ce, sans aucune faiblesse. « I Don’t Want To Lose You Tonight » en est la preuve, avec l’aide de Padma Newsome, de Clogs, qui prête son violon à la ballade la plus discrète du combo. Les chambres sont des rings de boxe, les poings ont des griffes et les amoureux sont des combattants. Le seul problème est que ces sons, ces métaphores deviennent un peu trop familiers – il y a un million d’artistes en plus de Cave qui vantent ce genre de rock à la voix grave et aux tabourets de bar, qui couvent avec un charme certain, et trop souvent, The Devastations en fait langoureusement partie.

« Cormina » est un autre exemple de complainte floue et apparemment sans direction, avec une guitare minimale et tordue et très peu d’autre enluminure. Le dernier morceau, eDance With Mee, connaîtra un sort tout aussi ambigu et se termine sur une note de piano apathique. Mais, heureusement, avant d’en arriver là, nous aurons le plaisir d’écouter « Man of Fortune » avec le chant de Bic Runga qui servira de parfait contrepoint au grognement étouffé de Standish et , finalement, « Take You Home », un festin gothique ambulant d’accords de puissance et d’orgues sifflants qui met en valeur The Devastations, un combo dans la fleur de l’âge et qui résume pourquoi Coal – malgré ses défauts – est un morceau poli et légèrement nuancé, digne d’un peu de votre temps.

***1/2

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