Caspian: « On Circles »

Les post-rochers de Caspian se sont révélés être tout sauf des dérivés au cours de leur carrière jusqu’à présent. Dans un domaine assez encombré d’artisans du crescendo instrumental, ces musiciens dy Massacgssetts e sont distingués à la fois par une lourdeur revendiquée et un tropisme presque spirituel ern termes d’atmosphère et d’espace. Avec son cinquième album On Circles, on assiste toutefois à l’émergence de territoires sonores inexplorés et à l’exploration nuancée de nouveaux sons potentiels.

La maturation de la plupart des groupes post-rock est annoncée par l’expérimentation d’éléments atmosphériques et l’ajout d’instruments supplémentaires, créant ainsi des concepts plus stratifiés mais jamais étouffés. « Witchblood », le premier titre de On Circles, est une solide vitrine de cette idée mise en pratique, avec des ajouts surprenants de cornes qui ajoutent une tendresse au motif principal des éclats jazzy enveloppés dans une ambiguïté de « drone ». Le morceau est furtif dans la rapidité avec laquelle son rythme subjugue son harmonie principale, pour finalement s’épanouir en une algue de fureur sonore imposante sur un fond de synthés brûlants. La production ici est tranchante et pleine d’esprit, assez froide pour apporter un équilibre, mais pas au point d’étouffer le cœur même des efforts du groupe.

Caspian poursuit ses expérimentations sur « Flowers of Ligh », avec des passages qui ressemblent à des futurs abandonnés de house music cosmique, et une basse haut de gamme qui pousse les percussions en sourdine. Le groupe fait preuve d’un dynamisme auquel Caspian a fait allusion tout au long de sa carrière. Ce ne sont pas tous des mouvements gluants et langoureux – quand il faut, il y a ici un crunch qui creuse aussi profond et frappe aussi fort que tout effort préalable.

Cette expérimentation se prête cependant à des pistes naturelles, mais elle est aussi parfois alambiquée. « Nostalgist », par exemple, est un effort audacieux pour mettre en scène les pianos de Kyle Durfey, le chanteur de Piano Ceome The Teeth, et ,bien que son registre vocal frémissant ait tendance à osciller entre une colère tranquille et une rage confuse et audacieuse, l’instrumentation des choeurs ne semble pas pouvoir se fondre avec sa voix. Ce n’est en aucun cas un affront à Durfey ou à Caspian, mais ce n’est pas nécessairement un duo ou un mélange idéal. Cependant, la fin est en harmonie avec le reste de l’album, montrant une fois de plus une vision globale de leur production. Pourtant, on peut affirmer que le chant de Kyle devait être absolument derrière la musique, la seule suggestion prouvant que Caspian pouvait très bien le savoir dès le début, se défilant des attentes préconçues.

Pendant ce temps, des morceaux comme « Onsra » voient Caspian livrer certains de leurs travaux les plus fougueux et les plus engagés, en exploitant des grooves et des mélodies qui se rapprochent de la dream-pop et de certains des bords plus expérimentaux du rock indie. Un interlude percussif forme la colonne vertébrale de ce morceau, s’intégrant parfaitement dans des progressions à deux ou trois accords et une harmonie fraîche et croustillante. À l’opposé, le groupe s’engage dans des prises plus basses et plus lourdes avec « Collapser » » un morceau extrêmement lourd qui se démarque du reste de l’album sur le plan tonique et philosophique. Bien que cela crée une tension supplémentaire intéressante, elle ne porte pas la même forme et le même processus de pensée qui lie le reste de l’œuvre.

Des efforts comme « Ishamael », de par leur longueur, se démarquent solidement, sa présence étant renforcée par un violoncelle austère englobant un paysage sonore de guitare acoustique. Ce motif devient la véritable identité du morceau, mijotant jusqu’à ce qu’il soit pleinement révélé par l’accompagnement du reste du groupe. On Circles se termine comme il se doit avec « Circles on Circles » » qui commence et se termine étonnamment par un morceau acoustique plein de spoul, avec des voix supplémentaires de Philip Jamieson. Tout comme « Nostalgist », la structure de l’album ne semble pas remarquable, mais la voix de Jamieson est suffisamment obsédante et le morceau dans son ensemble termine l’album d’une manière modeste qui en dit long sur la capacité du groupe à planifier et à structurer une expérience d’écoute non seulement cyclique, mais aussi vraiment épanouissante.

Délicat, subtil et, si nécessaire, d’une portée cosmique, On Circles est une exploration émouvante d’états émotionnels qui se sentaient tellement plus surveillés sur les sorties précédentes de Caspian. C’est une expérience qui doit en fin de compte être déterminée par l’auditeur. Certains peuvent trouver cette relaxation immensément humble et profonde, tandis que d’autres ne voient pas toute sa gloire coincée entre ses ambitions.

***1/2

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