Burning House: « Anthropocene »

Si le regain d’intérêt pour le shoegaze a peut-être atteint son apogée il y a quelques années, les amateurs du son de la houle expansive de fuzz et de distorsion accompagné de vocaux mélancoliques à moitié chanté trouveront de nouveaux champions dans le trio Burning House basé à Southampton.

Anthropocene fait référence à l’ère actuelle de la Terre, où l’industrie humaine est considérée comme le moteur du changement de l’environnement, de l’inévitable effondrement du climat et de l’extinction massive qui s’annonce mais c’est aussi le titre du premier album du combo, un ensemble.déjà accaparé par les pages les plus pointues de la presse en ligne pour leur premier et prometteur« single » « Tracers and Peach » est certainement catalogable comme grand espoir de e la scène indie-rock.

Le caractère flamboyant d’Anthropocene se manifeste d’abord par une longue intro, « Mimosa », qui donne le ton pour le reste de l’album en donnant l’impression d’être attendu avec impatience grpace à les longues rangées de pédales d’effets quicréent une atmosphère lourde sans même qu’une seule corde ne soit frottée et ce avant que le groupe ne s’engage dans l’action et ne tienne la promesse d’une prestation électrisante. Les adeptes du bruit poussent alors l’intensité jusqu’à un certain point, accélérant rapidement le rythme d’un « Mirror Song » à la simplicité radiophonique mais toujours intense. Le troisième morceau « Souvenirs », nostalgique et mélancolique, apporte un peu de répit. Il adopte une approche plus détendue tout en utilisant les mêmes couches de distorsion soigneusement cachées dans une seule chanson douce, bien plus douce que la plupart des groupes de la mouvance shoegaze oseraient mettre en œuvre.

« If You Won’t » a toutes les caractéristiques d’un morceau classique de shoegaze, avec des riffs de guitare peinés et douloureux qui se transforment en mesures trébuchantes et de travere, des voix chantées et parlées par plusieurs membres et un accès de guitares ronflantes et montant un vide idéalisé qui nous envelopperait tout en nous cansumant. Il s’agit ici d’un titre-hare cont il n’est pas étonnant qu’il ait été choisi comme « single », tant il coche toutes les cases du genre au point d’être, à la limite et si l’on voulait être désobligeant, considéré comme un ersatz ou un produit dérivé de la fin des années 80, moment où le shoegaze a fait son entrée initialement. En revanche, on ne poura que concéder que le groupe a bien appris ses leçons, que l’exécution est parfaite et que cette avocation/invocation du passé leur fait un bien fou.

Il est surprenant, par contre, que le titre « Anthropocene » soit le point le moins remarquable de l’album. Il s’agit simplement d’une mise en scène de 92 secondes de statique chatoyante dont on pourrait se dispenser et qui n’est guère plus qu’une mise en scène pour le titre suivant, « Forever ». Si la fureur qui s’ensuit est certainement impressionnante et bénéficie grandement de la montée de tension initiale, on est en droit de se demander pourquoi prendre la peine de les définir comme deux chansons distinctes tant aucune ne pourrait vraiment être jouée séparément ou dans un autre ordre.

Les choses prennent une tournure encore plus étrange avec « Languor », un hurlement de champs magnétiques presque lyrique qui, ironiquement, évoque des images d’aurore boréale sur un vaste désert arctique plutôt que de suggérer l’agréable léthargie que son nom suggère, puis, par la suite, « Elvis Monika », une effrayante descente chuchotée quelque part dans les sombres recoins d’un cerveau précédemment inondé de sérotonine induite chimiquement et qui essaie maintenant de donner un sens à ce qui vient de se passer.

« Big Tinted » va alors agir comme un rétablissement qui arrachera l’auditeur aux royaumes extérieurs de la paranoïa pour le ramener à nouveau dans le giron de la psychedelia vertigineuse. Cependant, on ne pourra pas ne pas avoir l’impression que rien ne sera jamais aussi bon que cet éclat de plaisir originel qui voit « Fragments » et « 13 Moons » adopter une approche plus délicate et réfléchie. Cela sera vrai, jusqu’à ce que « Her Vowel No » ne s’écrase inopinément à travers le mur comme un marteau-piqueur. La chanson est chargée de riffs et d’une brûlure venimeus aux trois quarts du morceau, qui deviendra le prochain « single » de Burning House.

Le premier album entamera sa descente et se préparera à atterrir avec un tout-puissant « Robinson » gigantesque. Gigantesque par sa taille et épique par son ampleur, ce titre de onze minutes mariera alors ce shoegaze qui est le fonds de commerce du groupe avec des sensibilités post-rock. « Awning » qui explore la perspective alléchante (ou tourmentée ?) de cette notion de Nietzsche sur l’Éternel Retour nous rappellera qu’il convient de faire attention à tous les choix, car, avec un univers infini aux résultats limités, nous sommes condamnés à répéter à jamais chacune de nos pensées, paroles et actions. Si cela est vrai, on pourra imaginer des destins bien pires que celui d’écouter ce premier LP étonnant à un degré qui va bien au-delà du point de noter entendement.

****1/2

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