Octo Octa: « Resonant Body »

Bouldry-Morrison célèbre la douce lueur des espaces de fête, lieux où les corps racisés, queer, trans, féminins et aux capacités différentes sont libres d’être ce qu’ils sont.

Pour les corps non conformes, la piste de danse peut être un espace sûr. Sous la douce lueur des lumières du disco, avec une musique de toutes les couleurs, les corps racisés, queer, trans, féminins et aux capacités différentes sont libres d’être. Tout le monde peut être qui il veut sur la piste de danse.

Resonant Body, le cinquième album complet du DJ et producteur Octo Octa (Maya Bouldry-Morrison), basé dans le New Hampshire, célèbre ces espaces sacrés. Sur huit morceaux, Bouldry-Morrison réimagine la culture rave des années 90 dans une perspective sexospécifique, où PLUR (Peace, Love, Unity, Respect) commence par le respect de soi-même.

Bouldry-Morrison est transgenre. Et si l »Where Are We Going ? » en 2017 s’est senti triomphant grâce à un optimisme prudent, elle était peut-être une question que Bouldry-Morrison s’est posée et aussi une interrogation des communautés LGBTQ+, surtout avec la montée de la visibilité trans et non-binaire.

Après une année de tournée bien remplie suite à la sortie d’un nouveau disque, Bouldry-Morrison était prête à répondre à cette question dans Resonant Body. Enregistré dans sa cabane dans les bois du New Hampshire, l’album a un lien fort avec la nature et s’inspire des thèmes de la survie, de la guérison et de la spiritualité. Même la pochette, créée par Brooke, partenaire de longue date de Bouldry-Morrison, est la peinture vibrante d’une forêt.

L’album s’ouvre en mode survie avec « Imminent Spirit Arrival », qui commence par un bourdonnement grave et pulsé qui se transforme en un break-beat classique des années 90.

Toutes les huit mesures, une voix dira « Come on »  et « go », convoquant les auditeurs sur la piste de danse. « Move Your Bod »y, qui suit, fait monter le tempo avec une batterie implacable et la phrase de titre est répétée à l’infini, même après qu’une ligne de basse doublée ait fait les trois quarts du chemin.

Cependant, tous les morceaux ne ressemblent pas à des tubes de club. « Deep Connections » a une qualité douce et éthérée créée par des arpèges de synthèse et des samples de « My Body Is Powerful » apaisant les sons de la nature – cris d’oiseaux et hurlements lointains – sur une gamme pentatonique.

Une question est posée sur cet album : « Can You See Me ? ». Elle est probablement une référence à l’identité de Bouldry-Morrison, d’autant plus que les DJ des clubs sont en grande majorité des hommes cis. Mais ici, la question est d’une rhétorique retentissante, comme si Bouldry-Morrison plantait un pieu dans le sol annonçant qu’elle est là pour rester. Une voix chaude chantant combien elle sait ce que l’on ressent est un message pour les autres transsexuels, leur disant qu’ils ne sont pas seuls et que lorsque des corps marginalisés arrivent sur la piste de danse, on les voit, on les protège et ils importent.

***1/2

 

 

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