Hovvdy: « Heavy Lifter »

Dès les premières secondes du troisième album de Hovvdy, Heavy Lifter, le groupe fait clairement comprendre à l’auditeur qu’il va vivre une expérience nostalgique et mélancolique. Les accords qui soutiennent l’ouverture de « 1999 » semblent lourds, penchés sur un territoire mineur, nous laissant la sensation d’un coup de poing asséné aux tripes. C’est une façon de commencer un album an nous poussant vers le bas mais elle ne nous dispensepas de moments plus heureux. D’ailleurs, le morceau suivant, « Mr. Lee », va immédiatement nous y guider comme pour nous faire croire que l’entame n’était qu’un mauvais rêve et qu’il était nécessaire de s’en extiprer.

Dans Heavy Lifter, il y a une forte insistance la notion d’examiner votre environnement, comme sur « Cathedral », qui se concentre sur l’onbservation, celle d’étudier comment on entre dans le culte d’un autre. Il est peut-être plus facile de s’immerger dans les profondeurs de la tête d’autrui, plutôt que de vivre dans la sienne propre. Les textes insistent sur l’envie de s’échapper vers un santuaire privé et de s’exiler vers une cathédrale pour goûter à l’émerveillement dans l’espoir de trouver un espace vacant permanent qui lui soit propre.

Hovvdy excelle dans les ballades lentes et mélancoliques, atterrissant constamment quelque part entre Elliott Smith et The Microphones. Leurs chansons reflètent fortement les résultats post-hoegaze, optant pour un ton plus triste et morne sur des morceaux comme « Feel Tall ». Les moments de joie sur Heavy Lifter portent aussi une pincée de sarcasme, se moquant presque de l’idée de faire une musique strictement joyeuse. Mais les chansons sont vectrices de bonnes intentions – « TellmeI’masinger » est une charmante ode au clavier-jouet de Fisher-Price où on qu’ête une constante envie d’approbation humaine.

Étant donné que tant de choses dans Heavy Lifter sont lourdes et évoquent les parcelles les plus difficiles de la vie, il ne sera pas surprenant que les deux fondateurs du groupe, Charlie Martin et Will Taylor, viennent du Texas, un état assez grand pour qu’on sy sente comme dans sa propre planète, ce qui peut créer son propre sentiment d’isolement. La vision de Martin et Taylor se mélange sur ce disque, créant des moments où ils se sentent en sécurité dans un espace vaste et sans fin. Leurs chansons apportent ainsi un réconfort contre la peur, et une occasion de réfléchir et de se tourner vers l’intérieur, de se concentrer sur la lumière.

***1/2

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.