Cloak: « The Burning Dawn »

Le métal est souvent à son meilleur quand la mise en scène est à son maximum. Cet apparat et cette présence peuvent prendre différentes formes, que ce soit dans les opéras de heavy metal du King Diamond, dans la crudité de Converge ou dans les bacchanales de Watain. Il y a même quelque chose à dire sur lcette volonté d’aller à contre-courant ches certains des groups de black metal les plus lo-fi et antisociaux, mais le métal ne serait pas là où il est sans l’énergie brute des débuts de Metallica, le cuir et les motos de Judas Priest ou le magnétisme pur d’Iron Maiden. Si on veut que le metal est excitant, on a besoin de ce type d’agumentation pour, a minima, des concerts dont les gens sauront se souvenir.

C’est, en fin de compte, ce que Cloak se propose de faire. Coupé d’un tissu similaire à celui de groupes comme le désormais disparu In Solitude et le toujours plus impressionnant Tribulationce combo d’Atlanta a laissé une forte impression avec son premier album To Venomous Depths, un disque autant imprégné de black metal vintage que de célébration du heavy metal vintage. Ils se décrivent eux-mêmes comme un groupe de black metal, mais leur définition du terme est aussi bien Venom ou Hellhammer que Mayhem ou Emperor. Ils embrassent les ténèbres et suivent leur muse satanique là où elle les mène, et cette finalité est souvent un lieu de pure virulence et violence axées sur les riffs ; de « Notre but, s’il en est un, est de « ramener l’esprit du rock ‘n’ roll dans le metal » comme l’a déclaré le chanteur/guitariste de Cloak, Scott Taysom.

The Burning Dawn, le deuxième album du groupe, le fait brillance. Dès le premier coup de batterie du « single » « Tempter’s Call », Cloak a apparemment perfectionné l’art du rock ‘n’ roll noirci par la cendre. Il est propulsé autant par l’obscurité et la menace que par une sorte de pavane glamour, le groupe se délectant à l’idée de faire sonner l’enfer comme la fête non-stop, on soupçonnait tous qu’il en serait ainsi. Au moment où le combo porte le morceau vers sa seconde moitié, pleine de moments plus légers et de solos de guitare,on se retrouve sans équivoque plus dans le rock ‘n’ roll que dans le black metal, et Cloak sait opérer cette transition sans problème.

Comme The Burning Dawn soit à la fois plus raffiné que son prédécesseur et montre un effort à rendre ses points forts plus accessibles, il se présente comme un opus encore plus ambitieux dans son ensemble. Les chansons sont plus serrées, plus directes et, en général, plus courtes, ce qui rend chaque dose beaucoup plus puissante. L’instrumental « The Fire, The Faith, The Void » voit le groupe embrasser la morosité gothique avec des passages plus discrets de guitare de chœur chatoyante,élément que « On Poisoned Ground » reprend et et délivre avec plus d’intensité brûlante et de dramaturgie demeurant toutefois lissée. Le glissement de médiator et l’éruption qui ouvrent « Into the Storm » pourraient d’abord suggérer une descente dans les tendances les plus poignantes et extrêmes du groupe, mais ce qu’ils livrent à la place est l’une de leurs chansons les plus hymniques, avec un refrain rugissant qui est censé leur être vociféré de manière aussi aussi épique que sur « Where the Horrors Thrive ».

Il semble que ce soit plus qu’une simple coïncidence que le deuxième album de Cloak arrive la semaine précédant Halloween, sa palette sonore étant composée de rouges sinistre et de noirs inquiétants, et de la moindre lueur orange. C’est autant un acte de réjouissance et d’hédonisme qu’une véritable horreur, comme on pourrait aussi dire d’un maître comme John Carpenter (ou Mercyful Fate), et bien que le groupe se délecte de la morosité, il n’y a aucun doute qu’ils s’amusent à le faire et, quand c’est aussi agréable à écouter que ne l’est cet album, qui pourrait, au fond, nous en tenir rigueur ?!

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