Helms Alee: « Noctiluca »

Poursuivant la tradition des groupes d’exception de Seattle, les Helms Alee sont de retour avec leur cinquième album en douze ans d’existence. Intitulé Noctiluca, les 10 titres qu’il contient vous apportent joyeusement plus de leur mélange caractéristique de riffs boueux, de mélodies déjantées et d’expérimentation bruyante qui place Helms Alee sur un registre d’unicité assez grandiose. Le trio composé de Dana James (basse, chant), Hozoji Margullis (batterie, chant) et Ben Verellen (guitare, chant) se combine sans effort pour créer une étonnante éruption de bruit étayée par une sremarquable mélodie.

Noctiluca est une algue marine bioluminescente qui brille lorsqu’elle est excitée. Pour la plupart d’entre nous, une lampe conventionnelle se trouvait à côté de notre lit, mais Hozoji gardait un soupçon de Noctiluca à côté de son lieu de repos nocturne. Ainsi, le thème marin qui figurait sur les précédents albums de Helms Alee est maintenu, comme l’approximation la plus proche de leur son : mystérieux, magique et apportant de la lumière dans l’obscurité.

Une fois que ces guitares familières et ces batteries martelées ont repris vie sur le premier album Interachnid. C’est le son d’un groupe agité et enflammé comme jamais, avec juste la bonne quantité de bruit et de mélodie et un groove percutant qui sonne comme dix batteries dévalent d’une grande montagne. Le « Beat Up », bien nommé, est comme si un champion des poids lourds vous mettait en boîte en vous hurlant des insultes à la figure, alors que vos traits se transforment en pulpe sanglante. La seule grâce salvatrice que l’on puisse trouver est sa compagne qui s’interpose avec sa propre ligne de déprédation avant que vous ne tombiez au sol en morceaux.

Juste au moment où vous pensiez que ces puissants tambours avaient atteint le zénith de leurs martèlements d’oreilles explosifs, vient « Play Dead » pour détruire cette notion. Le premier grand moment mélodique de l’album sort des enceintes et c’est à ce moment que l’on réalise qu’il n’y a pas d’autre groupe sur la planète comme Helms Alee. Cette collision de volume intense, primale et brutale, avec des mélodies merveilleuses et décalées est finalement un accident de voiture dans lequel vous êtes attiré par la scène cauchemardesque.

Si les Pixies ont pillé un son plus métallique et que les bras de Dave Lovering ont été remplacés par des marteaux-piqueurs, on aimera penser que « Be Rad Tomorrow » sera proche de cette analogiere. Les lignes de basse grondantes créent un groove sublime pour les voix de James et Margullis qui taquinent une mélodie monotone méchamment infectieuse. Verellen glisse quelques belles lignes de guitare lors du premier grand moment de l’album et la chanson devient de plus en plus limposante sur ses six minutes. Avec une fausse fin ajoutée pour faire bonne mesure, les guitares ondulantes du titre sont un pur délice alors que s’installe pour une sieste, comme elle seule sait le faire. Le réveil est brutal et le rythme gargantuesque qui annonce l’arrivée de « Lay Waste, Child », fera claquer les écouteurs, telle est l’énergie physique générée par ce son bestial.

Sous la batterie tonitruante et les guitares glissantes de « Illegal Guardian », on peut entendre un piano qui tente d’échapper à la rétention tendue de ce qui précède. La tension est exacerbée par les guitares qui bourdonnent et l’assaut de la batterie qui s’effondre avant que Verellen ne déchaîne de façon menaçante certains de ses propos démoniaques. « Spider Jar » est une ligne de guitare psychédélique tourbillonnante avec un groove à couper le souffle. Le glorieux refrain aux cordes somptueuses arrive de nulle part, c’est vraiment une belle chose. Les voix combinées s’apparentent aux belles harmonies de REM et cela pourrait être dû au choix du producteur/ingénieur, Sam Bell, qui a déjà travaillé avec les meilleurs d’Atlanta.

Il y a une bizarrerie dans « Pleasure Torture » où James et Margullis nous implorent de nous ouvrir encore plus à leurs guitares et, alors qu’elles s’animent comme des foreuses maniaques, vous vous retrouvez à entrer dans le jeu. Des mélodies déchirantes combinées à des cordes qui s’envolent n’est pas quelque chose que vous pourriez associer à la Helms Alee, et voilà que « Pandemic » coche cette case. Les guitares font retentir une merveilleuse sirène mélancolique entre les fabuleux moments qui constituent les couplets. Les échos des sirènes de « Pandemic » s’attardent sur le fond de la dernière sortie qu’est  » »Word Problem » », comme pour démanteler toute notion de ramollissement de la Helms Alee, cette chanson est un autre blaster guttural.

Après cinq albums et de nombreux EP, Helms Alee continue d’apporter une puissante concoction de bruit et de mélodie qui vous confondra, vous déconcertera et vous convaincra comme un secret bien gardé etun trésor absolu. Les Helms Alee ont un goût acquis, mais il n’est pas donné à tout le monde de l’acquérir tant, avec Noctiluca, le trio nous a servi une nouvelle fois une excellente sélection de mélodies et de chaos, un ensemble pour lequel il n’y a pas de retour en arrière.

****

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :