Cabana Wear: « Cabana Wear »

Elles ne sont plus à la mode depuis un moment, mais ça n’est pas grave ; les guitares électriques hautes en décibels ont eu plus que leur juste part de attention au fil des ans. Néanmoins, même quand elles ne sont pas un élément fondamental de la musique populaire du jour, un fait demeure : le son d’une guitare électrique demeure une chose presque mythique. La preuve est ici apporté sur le premier album éponyme de Cabana Wear, un combo qui joue depuis des années dans des groupes de Philadelphie et du New Jersey (By Surprise, Crucial Dudes, It’s A King Thing). Ils sont tous des amis de longue date, punks dans l’âme, et Cabana Wear est la résultatnte de ce qui s’est produit quand ils se sont regardés, ont réalisé qu’ils vieillissaient et qu’il pourrait peut-être temps, et amusant, de monter un groupe axé sur la musique pop rock qui leur rappelle leur bon vieux temps.

En l’exemple, ces jours-là sont le milieu des années 90, et les groupes auxquels Cabana Wear fait penser sont des ensembles comme Nada Surf, Weezer et Superdrag-acts qui ont fait surface dans le sillage du grunge, des combos qui étaient trop extravertis pour l’indie-rock et trop émollients pour le punk. Ici, le but principal est généralement de coupler une mélodie vocale effervescente avec des guitares qui sonnent comme si elles voulaient et parfois pouvaient, percer un trou dans le flanc d’une montagne à grands renforts de riffs. Ajoutez à cela un rythme propulsif et un solo de guitare grinçant à la J Mascis, et vous obtenez une marque de power-pop particulièrement moderne : moins de glamour, plus d’angoisse.

Sur cette toile de fond, Cabana Wear s’acquitte bien de sa tâche. Sans aucun doute, le groupe a toutes ses pédales baffutées, comme on peut l’entendre sur le premier morceau, « Get Well » un titre de trois minutes de ouceurs dures pour les oreilles et qui fait un usage décomplexé d’une suite d’accords alors que le chanteur/guitariste Brian Mietz chante les manifestations physiques de son mal-être

Il est un thème récurrent sur Cabana Wear, où l’on retrouve les chansons « Scaredy Horse », « Bother You » et « Least Comfortable Me ». Ce dernier titre montre le groupe à son meilleur avec une progression d’accords ascendante alors que Mietz chante son spleen. Sur ces aspects, Cabana Wear rappelle ici un autre géant de la power-pop de Jersey : Les Fontaines de Wayne.

En outre, le groupe n’a jamais peur de s’attarder mélodiquement, un trait qu le différencie soniquement ce qui donne à Cabana Wear et à l’auditeur un sentiment d’étrange satisfaction. Tout au long de l’album, ils s’accrochent régulièrement à un riff et y restent un moment. Mietz, de son côté, tient souvent les notes plus longtemps que ce qu’un chanteur de rock lambda ne le fait rypiquement (les couplets dsur « Always Loose » par exemeple) ou il chantera plusieurs mots sans changer de notes (« St. Napster »). C’est une technique intéressante qui semble aller à l’encontre des conventions du power-pop, où les mélodies vives règnent en maître. En revanche, Cabana Wear incorpore de petits éléments de grésillement et de fuzz dans sa power-pop, et l’effet est unique et séduisant.

IL ne faut pas se méprendre pourtant. Les mélodies de qualité sont légion chez Cabana Wear. Green et Tommy sonnent tous les deux comme un Weezer de l’époque du Blue Album, sur une comptine chantée. Ce sont des éléménts de la plus haute qualité dans la façon dont ils sonnent à l’oreille. Le menaçant « Brewers and Connie’s » présente un refrain sans paroles mortel et c’est un des meilleurs ponts jamais entendus. Le « closer » de l’album « Where I Am »- , le seul titre dépassant les trois minutes offrira un crescendo acharné mais laborieux, style Death Cab, qui se transforme en un tourbillon de roulements de tambour et de bruits percussidd. La dernière minute du morceau sonnera comme un orage de foudre mais apportera une apaisement qui aura l’effet d’une couverture chaude.

Si, à cet égard, Cabana Wear ressemble à un combo impossible et dont la démarche est irréalisable, ce n’est certainement pas le cas. Il s’agit juste de la puissance des guitares électriques en pleine distorsion dans des mains très, très ,très compétentes.

****1/2

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