Pernice Brothers: « Spread The Feeling »

A l’image de ses amis écossais de Teenage Fanclub, eux aussi amoureux du travail bien fait, Joe Pernice n’est pas du genre à sacrifier la qualité sur l’autel de la productivité. Perfectionniste et convaincu des vertus du temps long, le musicien américain ne publie des disques que lorsqu’il a acquis la certitude que ceux-ci participeront à la cohérence générale de son oeuvre. Neuf longues années séparent ainsi Spread The Feeling de la précédente réalisation des Pernice Brothers, Goodbye, Killer. Un nouvel album avait bien été enregistré et mixé il y a quelques années mais son auteur, insatisfait de la teneur des compositions qu’il rassemblait, avait choisi de ne pas en conserver le résultat final. Quelques titres issus de cette première tentative infructueuse ont été sauvés, puis retravaillés avec l’ingénieur du son Liam Jaeger, pour finir par apparaître aux côtés de nouveaux titres sur ce septième long player tant attendu.

Nous ne saurons jamais si cette copie définitive dépasse véritablement le brouillon avorté mais dès « Mint Condition », qui ouvre le bal sur un riff power pop, c’est avec un plaisir certain que nous retrouvons tout le savoir-faire de l’homme des Scud Mountain Boys, de Chappaquiddick Skyline et des New Mendicants (projet formé avec Norman Blake de Teenage Fanclub et Mike Belitsky des Sadies). Entouré de son habituelle garde rapprochée (James Walbourne, Patrick Berkery, Peyton Pinkerton, Bob Pernice et le Velvet Crush Ric Menck), soutenu par quelques invités triés sur le volet (Pete Yorn, Joshua Karp et Neko Case sur l’instantanément classique « The Devil And The Jinn »), le songwriter de Boston dégage une impression de facilité tout au long d’un disque qui renoue avec la fluidité et l’évidence des premiers Pernice Brothers, à l’époque bénie du triplé Overcome By Happiness / The World Won’t End / Yours, Mine & Ours. Qu’il s’éclaire à la lumière éternelle de Big Star et des Byrds (« Skinny Jeanne », « Eric Saw Colours »), qu’il expose son côté tendre (les ravissantes « Evidently So » et « Queen Of California ») ou qu’il s’offre un retour vers une adolescence que l’on imagine bercée par l’indie-pop britannique des 80’s (« Lullabye », « Throw Me The Lions »), le Joe Pernice version 2019 ne fait qu’une bouchée de la concurrence indie-pop.

***1/2

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