William Patrick Corgan: « Cottilions »

William Patrick Corgan, le frontman de Smashing Pumpkins, a démontré il y a quelque temps que son identité musicale ne se limitait pas à faire des concerts de routine en tournées et, à diriger un groupe alt-rock.

Le musicien a passé environ trois semaines à voyager en Amérique centrale. L’idée derrière ce voyage était que, par la musique, il voulait s’immerger et renouer avec les gens et la culture des lieux qu’il fréquentait.

Habitué à jouer à l’intérieur, et se retrouvant presque toujours dans des espaces confinés, l’approche exploratoire choisie semble avoir été libératrice, productive et épanouissante. Cottilions représente les fruits ambitieux de ses aventures de voyage. C’est un album de substance, un récit authentique de ses expériences. Tout vient d’un lieu honnête et sincère, mais en comptant 17 titres au total et indépendamment de la qualité, on peut dire qu’il y a trop de matériel sur ce disque.

Cela dit, c’est un mélange fascinant. Les chansons sont crédibles, montrant des moments de souplesse, d’éclectisme, de curiosité, il y a un véritable intérêt pour les choses. Incorporant l’Americana, le bluegrass, le country et le folk, de nombreux terrains musicaux sont couverts, et ce, avec précision et soin.

Le titre d’ouverture, « To Scatter One’s Own » est une introduction impressionnante avant qu’on ne soit lancé dans « Hard Times », une chanson d’inspiration country qui aborde différents types de peurs tandis qu’un titre comme « Jubilee » changera entièrement le rythme avec ses tempos vibrants et ses sons de violonqui sont comme dansants.

L’intime « Fragile, The Spark » est signe d’un moment autonome où Corgan semble honorer vocalement son travail quotidien. Ce sera le moment le plus proche des Smashing Pumpkins du projet, et il est plus que possible de l’imaginer apparaître sur un des albums du groupe.

Ailleurs, l’effluve d’Americana jaillira sur des morceaux comme  « Faithlessess Darlin’ » ; c’est un moment lumineux et vibrant d’où surgira un titre de la nature « Colosseum » qui créera un contraste énorme avec cette chanson fortement menée par l’introspection et la réflexion. Il y a beaucoup de polyvalence instrumentale sur ce disque, avec la country qui se fera entendre sur « Buffalo Boys » avec ses guitares en acier, il célèbrera vriament cette idée. « Like Lambs » est un moment envoûtant au piano où le jeu subtil de la six cordes soutient des atmosphères mélancoliques et « Apologia » qui ressemble à Grace de Jeff Buckley en esprit, son et dimension permettra se cocher toutes les cases folk-rock.

Le concept de Cottilions mérite certainement quelques applaudissements. C’est un grand et courageux projet à entreprendre, et, plutôt que de décevoir ou d’échouer, il impressionne, et, dans certains endroits, il scintille.

***1/2

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