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Mischa Blanos: « Indoors »

Second opus pour Mischa Blanos, musicien natif de Bucarest qui conjugue avec talent piano classique et musique électronique.Musicien dès son plus jeune âge, élève prodige doté d’une solide formation classique, Mischa Blanos se produit sur les scènes d’Europe depuis ses 10 ans. A l’âge de 16 ans, il se prend de passion pour la musique électronique. Très vite il se met à travailler sur ordinateur et compose des musiques où se mêlent acoustique et électronique.
Après avoir fondé le projet techno
Amorf à Berlin avec deux amis producteurs roumains, il se met à travailler en solo avec son piano et compose des musiques dont la sensibilité va s’affiner sans cesse au fil du temps et jusqu’à la sortie de son premier EP, Second Nature, en 2018.

Inspiré par le monde extérieur, celui des villes mais aussi celui des vastes paysages qu’il traverse, Indoors s’inscrit dans la lignée de ces albums parus au cours de ces dix dernières années sur Infiné, qu’ils soient signés Bruce Brubaker, Francesco Tristano (ou Aufgang avec Rami Khalifé) – le titre « Hammock On The Roof » évoquera d’ailleurs le style techno piano assez caractéristique du duo.
On pensera aussi à
Max Richter, Nils Frahm ou Ólafur Arnalds… des artistes avec lesquels Mischa Blanos partage ce goût pour le mélange des genres qui débouche sur des albums si particuliers et en tout cas extrêmement attrayants.

***1/2

1 décembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur, On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Memory Drawings: « Phantom Lights »

Le groupe Memory Drawings sort ici un album court mais probablement un sommet de sa discographie. Centré autour du joueur de dulcimer Joel Hanson et du co-fondateur et guitariste de Hood – Richard Adams, le groupe avait initialement pressé ce disque en très faibles exemplaires et distribué uniquement lors de ses concerts. Le label grec Sound in Silence lui donne aujourd’hui une exposition méritée car en seulement 26 minutes, le groupe témoigne de son talent d’écriture musicale, gravitant aussi bien autour du post rock, que du folk ou de l’ambient.

Le morceau-titre de l’album, est aussi le plus puissant et illustre parfaitement la grande inventivité du groupe soutenue par l’excellent jeu de batterie de Chris Cole (ancien des regrettés Movietone). Richard Adams reprend le flambeau de Hood, dans l’ambiance générale de l’album, notamment sur le très beau the Final Curtain. Enfin, l’ex-chanteuse de Big Hat et habituée des albums du groupe, Yvonne Bruner, vient hanter de ses vocalises éthérées le morceau final « Captivated ».

***1/2

1 décembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Samantha Whates: « Waiting Rooms »

La particularité de cet album est d’avoir été entièrement composé et enregistré dans des salles d’attente de train, de bus, d’hôpitaux ou de maison de retraite, et même dans un couloir de prison ; dans des lieux en fonctionnement ou pour certains abandonnées.

Un album où il sera question évidemment du temps qui passe et du temps perdu à attendre dans ces espaces de transition. Cöté musique, on découvrira un album folk assez traditionnel qui pourra évoquer Joni Mitchell, Alela Diane ou Mariee Sioux… avec le duo voix-guitare autour duquel viennent se poser des notes de violoncelle, clarinette, contrebasse, harmonica, luth, percussions, piano, shruti, alto et quelques bruit ambiant comme celui du train sur « Guilty ».

En tout, ce sont 17 musiciens qui sont intervenus sur cet album plutôt léger et entraînant avec pour chaque titre, des arrangements différents, des sonorités différentes, adaptés aux conditions d’enregistrement, en fonction de l’architecture des lieux et des espaces choisis. Le concept était original et osé, et résultat est totalement convaincant !

***1/2

1 décembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

William Doyle: « Your Wilderness Revisited »

Comme il est rafraîchissant à rencontrer, à l’ère de la gratification instantanée prodiguée par Spotify et algorithmiquement conçue et d’un torrent imparable d’albums qui exigent à peine une seule écoute, un véritable cultivateur à l’ancienne, assez intrigant pour se tenirà sa démarche, et de trouver satisfaction à chaque fois su’on enclanche la touche «lecture». Le fait que le premier album commercialisé par William Doyle sous son propre nom (et son troisième, y compris celui de East India Youth) ne dure qu’une demi-heure ne fait qu’ajouter à sa notoriété, mais l’esprit de stoïcisme optimiste, l’arrangement symphonique nuancé et le talent mélodieux qui anime le disque entier sont encore plus convaincants.

C’est aussi un endroit assez agréable à ne pas systématiser : « Millersdale » commence avec des arpèges statiques et réverbérants qui font allusion à quelque chose de potentiellement stérile avant d’exploser à mi-chemin dans un saxophone extatique et des percussions envoûtantes ; de même, »Nobody Else will Tell You » fait doucement référence à l’electronica sans jamais devenir trop synthétique et »Zionshill » tout comme « Full Catastrophe Living » développent tous ensemble des textures de folk bucoliques – des enregistrements sur scène, des instruments acoustiques légèrement caressés – avant d’être soumis à la table de mixage.

L’ouverture de « Design Guide », avec ses slogans abstraits et étranges semble légèrement confuse sur le plan conceptuel, mais le plaisir de la complexité et de l’euphorie qui l’accompagne est rapidement restauré par un solo de guitare enjoué et le solo de Doyle. Il est emblématique d’un disque qui se révèle clairement dans son addictivité, par son contenu particulier qui intrigue sans rejeter et ses idiosyncrasies qui nous étourdissent sans nous aliéner.

***1/2

1 décembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Interview de Adam Cohen: « Adam et Leonard Cohen: une ultime étreinte »

Leonard Cohen a poussé son dernier souffle il y a trois ans, mais sa voix ne s’est pas éteinte. Son fils Adam lui avait promis de finir les chansons en chantier. Les voilà sur Thanks for the Dance, magnifique album habité par la présence unique de son illustre paternel.

Vous avez travaillé sur Thanks for the Dance sur plus de deux ans. Vous aviez besoin de prendre votre temps ?

J’ai mis des mois avant d’être prêt à retravailler avec mon père, à passer du temps en sa compagnie, à entendre sa voix, à étudier ses mots, à trouver le moyen d’accompagner sa voix avec des musiques dignes de lui et qui correspondraient à là où il était exactement à la fin de sa vie.

Pendant qu’on faisait You Want It Darker, un thème s’est présenté : la mort, l’idée de Dieu. Les chansons plus romantiques, plus sensuelles, ne convenaient pas à ce thème. On ne les a pas finies, mais pas parce qu’elles n’étaient pas bonnes. Comme il s’est éteint trois semaines après la sortie de You Want It Darker, il a pu voir la réaction à sa dernière œuvre. Alors, il m’a demandé de finir ce qu’on avait commencé…

Quand je me suis retrouvé dans mon petit studio, avec sa voix qui tonnait dans les haut-parleurs, je me suis retrouvé exactement là où j’étais pendant les 18 derniers mois de sa vie : en conversation avec lui. C’était douloureux et délicieux en même temps.

L’album commence par la phrase « I was always working, never called it art » et se termine sur « listen to the hummingbirds, don’t listen to me ». Comme un pied de nez au mythe pour mieux montrer l’homme derrière l’artiste…

On voulait construire une histoire, que le disque lui ressemble, que ce soit un voyage à travers le meilleur de Leonard Cohen. Comme quand Feist et Jennifer Warnes font des « la la la » sur Thanks for the Dance pour retrouver l’atmosphère de Dance Me to the End of Love. On a trouvé des mouvements, des accords, des accompagnements, pour le ramener à la vie, pour qu’on le sente de manière multidimensionnelle : son sens de l’humour, la sensualité de certains disques, les clins d’œil qu’on remarque si on connaît son œuvre.

Lorsqu’on entend les mots « album posthume », on a une réaction cynique. C’est souvent un geste opportuniste de la famille ou de la compagnie de disques. Ce sont souvent des fonds de tiroirs. Ce disque est tellement différent : on sent Leonard Cohen. Ce n’est pas Leonard Cohen à la fin de sa vie, mais au sommet de son art.

Ce qui ressortait, sur scène, c’était sa gratitude. Il semblait remercier le public de l’avoir accompagné, alors que ses chansons ont accompagné tant de gens…

Quand il enlevait son chapeau à la fin de chaque concert, il semblait surpris, et surtout reconnaissant, oui. Ce qui le touchait le plus, c’était de voir que les gens gardaient ses chansons en vie. C’est ce qu’on est en train de faire avec ce disque. C’est une promesse que je tiens, mais c’est aussi une responsabilité que je sens.

Et ce disque boucle la boucle de manière moins sombre que You Want It Darker, n’est-ce pas ?

Exactement. You Want It Darker, c’était comme se serrer la main, se regarder dans les yeux et se dire au revoir. Thanks for the Dance, c’est le même au revoir, mais en posant doucement la main sur l’épaule… C’est l’autre facette du même dernier geste.

1 décembre 2019 Posted by | Conversations | | Laisser un commentaire

Interview de Joy Formidable: « Y a d’la Joie »

A moins d’être sur un label majeur et d’avoir réussi, son premier alum il est difficile d’avoir une carrière soutenue. C’est le cas de Joy Formidable qui fête ses dx ans une activité musicale pour le moins hors normes, qui a la chance de rééditer son premier album, et ce, en y ajoutant un EP bonus

Joy Formidable ont toujours eu un parcours atypique ; ils sont soumis leurs interocuteurs à édhérer à leurs propres conditions et ont creusé un sillon qui parvient à plaire à un large éventail de fans. Ils sont assez « lourds » pour être inclus dans les palmarès de Hard Rock, mais assez mélodiques pour être popilaires dans le scène Indie, ils lont énormément de aux Etats-Unis mais ils sont fiers d’être des Gallois chose qui leur a pqui ont fourni une écurie aux groupes locaux et nationaux, en particulier ceux de leur langue maternelle, et sont donc très appréciés à domicile.

Ils ont don naturellement ajouté un disque supplémentaire à leur célébration des dix ans de A Balloon Called Moaning en enregistrant une réimagination de l’EP en Gallois mais aussi en strippé et avec une orchestration luxuriante et des guitares acoustiques douces.

Lle bassiste et guitariste du combo, Rhydian Davies, vient ici discuter du nouvel EP et del leur propre festival, Formidable Fest.

La réédition du premier EP est sortie depuis quelques semaines, comment a-t-elle été reçue ?

C’est fantastique, c’est tellement encourageant car ce n’est pas seulement le public du Pays de Galles et du Royaume-Uni, c’est partout où nous recevons du soutien pour une sortie en langue galloise. Il ne s’agissait pas seulement de réenregistrer un vieux disque, nous l’avons réenregistré en gallois, mais acoustiquement, parce que nous avons eu plaisir à faire des tournées acoustiques de façon intermittente au fil des ans, donc tout est devenu clair. C’est tellement agréable de voir à quel point les gens ont été ouverts, car il est évident que certaines personnes ne comprennent pas le gallois et que nous sommes passés assez régulièrement sur des chansons en langue galloise et ils sont vraiment intrigués et ils veulent en savoir plus et c’est super.

Quand avez-vous eu l’idée de faire la réédition avec le réenregistrement en Gallois ?

Cela faisait un moment que nous parlions de faire plus de travail en Gallois, et nous avons commencé un label appelé Aruthrol, ce qui veut dire formidable, et nous avons sorti des split singles avec un single en gallois de nous et un groupe gallois de l’autre côté, pas nécessairement en gallois. Et nous voulions faire quelque chose de plus grand et ça s’est très bien passé avec le timing et nous savions que nous voulions faire quelque chose pour l’anniversaire duEP mais nous voulions faire quelque chose de nouveau plutôt que simplement un remastering.

Est-ce que les enregistrements se sont faits assez rapidement car il y a l’orchestre et les cordes qui ont pris un certain temps à s’arranger ?

Il y a peu d’enregistrements live, car nous avons eu un concert à Boston et nous avons eu un quatuor à cordes pour certaines des chansons et cela s’est avéré si bien que nous voulions que celles-ci figurent sur le disque, ce qui l’a probablement un peu fait avancer.

Etait-il nécessaire de se séparer et de recommencer avec certaines chansons lors de l’arrangement des paroles galloises car elles ne sont pas scannées de la même façon qu’en anglais ? C’était assez difficile ?

C’était un défi oui, parce que les histoires dans les paroles sont vraiment importantes pour nous, donc ça peut être une tâche parce qu’une traduction pure ne fonctionne pas toujours, bien souvent non, il y a beaucoup plus de syllabes dans la langue galloise donc ça peut être difficile à adapter avec la mélodie. Alors, où tracer la ligne si vous avez l’impression de compromettre un peu la mélodie, mais que vous voulez que le sujet y soit abordé exactement ? C’est un art en soi, la traduction. Mais nous avons vraiment aimé le faire parce que cela nous a permis de retrouver le sens de ce que nous écrivions à l’époque.

Que vous rappelez-vous de l’enregistrement original de « A Balloon Called Moaning » ? L’avoir revisité vous a-t-il rappelé beaucoup de souvenirs de l’époque ?

Ce dont je me souviens vraiment, c’est moi et Ritzy dans nos chambres, c’est ce qui a vraiment démarré le groupe, ces chansons’Austere’ et’Cradle’, nous n’avions même pas de batteur à l’époque, c’était vraiment excitant de faire de la musique à nouveau car nous avions eu une période difficile avec notre groupe précédent. C’était devenu désordonné et nous voulions juste nous évader, alors nous sommes revenus dans le nord du Pays de Galles et je me souviens juste avoir eu du plaisir à travailler sur un ordinateur et à produire ces premières démos, et ça nous ramène en arrière, la musique, c’est très puissant, ça a un effet puissant sur les sens.

Avez-vous un titre favori sur cet EP ?

C’est tellement délicat, j’ai du mal à avoir un favori car c’est quelque chose pour cette période de ma vie et tous les épisodes, mais’The Greatest Light Is the Greatest Shade’ semble intemporel mais c’est du côté triste mais j’aime les chansons plus tristes.

Est-ce que vous changeriez quoi que ce soit au sujet de l’EP maintenant ou est-ce juste un instantané de cette époque ?

C’est une bonne question, en fait, parce que c’est amusant de voir qu’à mesure que vous progressez et que vous regardez en arrière, vous pouvez faire quelque chose différemment. Mais je n’aime pas avoir de regrets parce que tout est un processus d’apprentissage et si nous devions l’enregistrer maintenant, nous en saurions beaucoup plus à son sujet, mais j’aime sa naïveté. Nous étions en train de nous habituer à être notre propre producteur et à ce qu’il est possible de faire avec ce côté-là peut-être, mais je reste fidèle aux chansons et comme je le dis, c’est un moment dans le temps et c’est pourquoi je pense que le remasteriser maintenant est un peu bizarre car nous ne sommes pas vraiment nostalgiques, nous aimons toujours être dans le moment ou regarder en avant. Donc dans l’ensemble, non, je ne changerais probablement rien.

Vous avez votre propre festival avec une belle brochette de groupes gallois dont Blood Red Shoes et Gwenno et d’autres, est-ce une célébration de vos groupes favoris ?

Absolument, c’est la compagnie dans laquelle nous sommes très heureux d’être, mais c’est aussi une belle extension du label, ça fait un moment que nous voulons le faire et c’est comme si nous ouvrions un peu les choses, si nous pouvons aider à attirer l’attention sur ce que nous pensons être tant de grands talents au Pays de Galles, nous voulons vraiment être impliqués et je suis vraiment encouragé. Cela n’a pas toujours été facile, surtout dans le nord du Pays de Galles avec le côté live et le réseautage, mais j’ai l’impression que ça s’améliore constamment, et la seule façon de l’améliorer, c’est que les gens soient actifs et c’est ce qu’ils pensent vraiment. Il y a aussi un grand côté artistique, il y a tellement d’art là-dedans. J’ai hâte d’y être.

Y a-t-il quelque chose qui va bientôt sortir sur le label Aruthrol ?

Nous avons été très occupés ces derniers temps en tournée, mais il y aura un CD pour le Formidable Fest qui mettra en vedette tous les groupes qui y sont, mais il y aura probablement une autre sortie officielle au début de l’année prochaine.

Pour le Formidable Fest, allez-vous séparer le groupe acoustique et le groupe live complet ?

Nous faisons deux concerts, nous commençons la soirée acoustiquement, probablement pas toutes les versions galloises, mais probablement pas mal, et puis un mélange de tous les albums dans le set principal.

Cherchez-vous à commencer le nouvel album dans la nouvelle année ?

Absolument oui, on veut retourner en studio, on finit de tourner juste avant Noël et puis on veut commencer tout de suite en janvier, on a déjà des chansons qui sont déjà très excitées.

1 décembre 2019 Posted by | Conversations | | Laisser un commentaire