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Motionless in White: « Disguise »

À travers Disguise, Motionless in White entre dans le moule des grosses productions, mais garde tout de même une bonne partie de son esprit d’indépendance. 

Ayant eu des invités de marque sur leurs albums précédents, tels que Jonathan Davis et Dani Filth, le groupe a voulu se séparer des influences extérieures pour celui-ci. Disguise est aussi de l’opus qui marque le départ de Devin «Ghost» Sola, remplacé par Justin Morrow (qui était bassiste dans Ice Nine Kills). 

À l’écoute de ce cinquième album on constate que la machine de l’industrie musicale est entrée confortablement dans le groupe,en particuler avec ces titres comme » Brand New Numb ». Très pop, on pourrait la comparer à cette ambiance que l’on trouve également sur lle Rock is Dead de Marylin Manson et dans son intention peu subtile de se hisser dans les palmarès…

Cet album à la production plus que léchée a en outre été co-réalisé par le chanteur du groupe et Drew Fulk, producteur de Los Angeles. Ce dernier a aussi travaillé avec des artistes aussi variés que Lil Peep, Fear Factoey, Yelawolf, Beartooth, Lil Xan et Bad Wolves.

Il est tout de même fascinant de voir l’ascension de Motionless In White, d’autant que le combo s’est quelque peu éloigné de son charme DIY et de son lustre de produit « homemade ». Tout ne sera pas perdu du pour autant, loin de là. L’album se tiendra en effet, grâce à des chansons puissantes comme « Legacy », un hymne de motivation personnelle rappelant « Underdog  » de l’album Infamous (2012). Les superbes « <c0de/> » et « Catharsis » seront, en outre un hommage à ce qui nous rend humains, à travers notre ère numérique parfois difficile et contraignante.

Avec ces chansons unificatrices qui parlent d’expression de soi et d’individualité, Chris Motionless se positionne encore comme ce « rôle model » dans lequel des hordes de fan de metal pourraient se reconnaître puisant à même la source de sa rébellion qui ne semble pas près de se tarir.

« Undead Ahead 2: The Tale of the Midnight Ride », suite de « Undead Ahead » de l’album Creatures, se révèle cinématographique grâce aux effets sonores ambiants. Cette composition, probablement le morceau central de l’album, nous entraîne dans un univers s’approchant de ceux créés par Dany Elfman, compositeur sur beaucoup de films de Tim Burton. On visite donc un endroit à la fois «cartoonesque» et coloré comme l’Halloween, peuplé d’étranges personnages loufoques et « Broadcasting from Beyond the Grave: Death Inc. » sera du même acabit.

L’énergie baissera avec « Holding on to Smoke », une quasi-balade tout de même accrocheuse où on décèle une sorte de crise identitaire du chanteur, exprimant, de manière fort véridique, la très grande tristesse de perdre ses illusions. On restera dans le même ton avec « Another Life, » où Chris Motionless parle d’une relation difficile

Bref, Disguise est un album est très diversifié qui démontre par ailleurs toutes les influences de chaque membre. Il manque toutefois une vraie ballade, quelque chose de réellement déchirant et sensuel à la fois, tout comme on pourra également s’interroger sur le tracklisting, quelque peu hasardeux, de l’opus.

***1/2

29 novembre 2019 - Posted by | On peut se laisser tenter |

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