No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Naga: « Void Cult Rising »

Naga et in trio italien qui oscille entre post black, thrashcore et doom metal, style qui ne conviendra pas à toutes les oreilles. Des riffs écrasants martelés avec cruauté, un chant déchirant à la Disbelief, une ambiance glacée de station de ski sans le fun, une menace permanente planent au-dessus de l’auditeur bien malmené au cours des six titres et 44 minutes de ce troisième album. Void Cult Rising n’est là que pour évacuer la souffrance et la noirceur de ses auteurs ; pas de happy end à l’horizon ici, on ne fait que creuser encore et encore, sans espoir de trouver quelque chose de l’autre côté ni même celui d’être enseveli et d’enfin gagner la paix éternelle.

Naga glorifie le nihilisme et ne s’en cache pas. Ici, ça sent le souffre à s’en boucher les sinus, on patauge tous dans la fange jusqu’à se confondre les uns avec les autres ; de toutes façon on est tous aussi insignifiants et méprisables. Ici on flotte tous les yeux en l’air à regarder le vide insondable de nos existences

**1/2

27 novembre 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | | Laisser un commentaire

Interview de Ian Williams(Battles): « Sons en Bataille »

« Ce groupe a toujours changé de forme », dit Ian Williams de Battles. « On a toujours fait ça, on l’a toujours su. Se retrouver dans de nouvelles situations nous garde frais, tout en nous permettant de rester cohérent avec ce qu’a toujours été notre essence. »

Pour leur quatrième album, Juice B Crypts, Battles ont de nouveau texpérimenté une nouvelle approche. Après avoir commencé sa vie comme quatuor, Battles est maintenant un duo de base : Williams à la guitare (et toutes sortes de matériel), John Stanier à la batterie. Pour l’album, le duo s’est entouré de nombreux collaborateurs, dont Shabazz Palaces, Tune-Yards, Xenia Rubinos, Sal Principato des légendes du disco-punk Liquid Liquid, et Jon Anderson des icônes prog-rock Yes.

Travailler avec des chanteurs «  soulage notre musique », explique Williams. « Quand on ne fait que des instrumentaux, on peut très vite se dire qu’on essaie d’être un virtuose, ou qu’on écrit des chansons de dix minutes qui, comme on dit, « vous emmènent où vous voulez ». Nous avons fait du bon travail sur ce disque, nous n’avons pas été épiques, nous ne nous sommes pas comportés comme des musiciens frimeurs, en revanche, nous avons souhaité garder des éléments qui sont concis et précis. »

Faire l’album – le premier depuis le départ du bassiste de longue date Dave Konopka – semblait différent, mais Williams croit que chaque disque qu’il a fait, de Don Caballero à Storm & Stress et Battles, a été une chose complètement différente. « J’ai toujours essayé de faire de la musique », dit-il avec un petit rire, « et les gens autour de moi changent un peu. Ils vont et viennent, mais je poursuis toujours cette même démarche. »

Williams parle depuis Santiago du Chili. Des émeutes ont eu lieu un soir de congé, après avoir dû annuler un spectacle à Quito, en Équateur, en raison des protestations anti-gouvernementales. Williams a eu un avant-goût des voyages à l’étranger, et dans des pays en mutation, lorsqu’il a passé une partie de son enfance à vivre au Malawi. « Enfant, c’est comme Dieu : pas de télé, pas de glaces, pas de jouets, » raconte-t-il. « Ça voulait juste dire que nous devions apprendre à nous amuser nous-mêmes. Quand je suis revenu aux Etats-Unis en sixième année, j’ai réalisé que j’avais vécu une vie beaucoup plus libre. » Williams a pris des leçons de piano en grandissant, mais il a appris la guitare et le punk rock à l’adolescence. Bien que son histoire musicale ait été saluée pour sa complexité – la moitié des albums math-rock définitifs concernent Williams – il se considère toujours comme un musicien autodidacte et punk rock. « J’ai toujours eu l’impression d’être un étranger », dit-il. « J’ai toujours été approximatif dans ma propre façon de faire les choses ; parfois c’est correct, par moments, assez maladroit. Je pense que, d’une certaine façon, c’est la raison pour laquelle j’ai pu continuer à faire de la musique. Il y a, peut-être quelques techniques que j’utilise pour générer des sons dur chaque disque. Je ne peux pas prétexter l’énergie pour le répéter sur un autre disque. C’est trop épuisant, et ça ne me rendrait pas heureux. Je suis mon meilleur quand je me retrouve en train de chercher et que je dois me trouver dans un endroit frais, et surtout quand je ne connais pas vraiment les règles. C’est un peu plus effrayant parfois[mais] les résultats sont plus honnêtes àau final, plutôt que de n’être que la répétition de votre formule. » Pour le nouveau duo de Battles, tant sur scène que sur Juice B Crypts, Williams a été au plus loin dansl’interface entre l’homme et la machine. « Je partage mes tâches entre l’Octatrack d’Elektron, les modules Eurorack et Ableton Live « , explique-t-il. « D’une certaine façon, j’essaie de rester traditionnel : je joue toujours de la guitare, comme les gens l’ont fait pendant des siècles, en travaillant avec des accords, des gammes, et dans le cadre de certaines règles mélodiques, une théorie musicale de base qui serait, genre, la même chose que les Beatles utilisent. Mais j’envoie mon audio à, disons, un filtre qui monte et descend et qui est syncopé avec le BPM, ou qui joue dans une boucle qui s’allume et enregistre deux temps tous les huit mesures, puis vous le renvoie. Je vais préprogrammer ces choses, mais c’est un peu comme si, en tant que musicien humain, je jouais de la guitare ou du clavier. Mais ensuite, je laisse le son s’échapper et je me fais massacrer. C’est vraiment le mot facile pour ça : une sonorité mélangée, malaxée, tripatouillée. »

27 novembre 2019 Posted by | Conversations | | Laisser un commentaire

The Who: « WHO »

Avec leur premier album depuis plus de 13 ans, il est difficile de savoir ce qu’un groupe aussi égendaire que The Who pourrait sortir. Il s’avère ici qu’ils n’ont pas perdu la main et que c’était comme si Pete Townshend et Roger Daltrey avaient sauté dans une machine à remonter le temps pour la production ce nouvel album. Il faut une certaine résilience pour rester fidèle au son d’origine’façon Who » après 50 ans de carrière, mais, contrairement à tant d’autres, cette fois ils ont réussi à le faire avec une forme impeccable et une force confondante.

Un orgue s’installe lentement sur l’ouverture de l’album  » »All This Music Must Fade », Roger Daltrey s’éteint, « Je m’en fiche, je sais que tu vas détester cette chanson / Avec cela dit, on ne s’est jamais vraiment entendus » , paroles révélatrices et voix sonnant comme elle le faisait au commet de leur carrière.

Le » single » bluesy « Ball and Chain » apportera un touche d’agressivité. ; c’est un titre qui a du punch, qui rappellera l’époque de l’album Who by Numbers, et qui se permettra de véhiculer un message politique fort en taitant des controverses entourant le centre de détention de Guantanamo Bay.

Bien qu’il n’y ait pas de lien narratif ou de thème qui définisse l’album, l’individualité de chaque morceau les distingue encore davantage les uns des autres. « Street Song » fait allusion à la Tour Grenfell, avec l’histoire d’un homme qui a choisi de ne pas s’en échapper avant de pouvoir appeler sa femme pour lui dire au revoir. « I’ll Be Back » verra Townshend reprendre le chant et utiliser son harmonica chromatique pour une chanson qui revient sur le passé et renoue avec les gens qui appartenanient à cette époque.

La combinaison de la capacité d’écriture de Pete Townshend et du talent musical de Roger Daltrey donne vie aux chansons de l’album, rappelant au public pourquoi les Who méritent leur place au sommet de la mythologie du rock and roll.

A la fin du disque, Daltrey fait la démonstration de son registre vocal avec « Rockin’ In Rage », avant d’emmener les auditeurs dans un voyage au rythme plus lent sur «  She Rocked My World », jetant un regard en arrière nostagique sur ce qui aurait pu être dans les limbes du passé. Même sans les derniers membres Keith Moon et John Entwistle, WHO sonne comme un classique des Who. Roger Daltrey pense que le groupe a fait son « meilleur album depuis Quadrophenia, et il est difficile de ne pas être d’accord.

Pour deux musiciens de 70 ans, si lcet opus est leur chant du cygne, il est plutôt impressionnant et marque en retour en forme qui explique pourquoi ils méritent leur place dans l’histoire du rock’n’ roll.

*****

27 novembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Yin Yin: « The Rabbit That Hunts Tigers »

Malgré une couleur musicale qui tire plutôt vers l’Orient, YĪN YĪN est un groupe basé du côté de Maastricht aux Pays-Bas. Leurs inspirations sont à aller chercher principalement dans la musique thaïlandaise et vietnamienne des années 60 et 70.

Mélangeant musique thaï, rock, psyché, Surf music, disco, funk et électro, le groupe propose 13 titres instrumentaux presque intemporels et sacrément accrocheurs et nous gratifie d’un disque frais, dansant et généreux.

***

27 novembre 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Jack Peñate: « After You »

Promis à un bel avenir lors de ses débuts en 2005, Jack Peñate s’était fait une place de choix au sein de la scène britannique suite aux sorties successives de deux premiers albums acclamés par la critique en 2007 et 2009. Des débuts suivis par un unique titre inédit en 2012, « No One Lied », avant que le jeune anglais ne disparaisse purement et simplement des radars durant près de sept années avant d’annoncer son retour au mois d’août dernier avec le « single » « Prayer ».
Désormais âgé de trente-cinq ans, c’est après avoir longtemps tâtonné, construit son studio et cherché sa voie qu’il revien tavec After You, un disque éclectique et apaisé sur lequel prédominent ses influences soul. Accompagné à la production par pas moins de trois collaborateurs (Paul Epworth, Inflo et Alex Epton), Jack Peñate poursuit sur ce troisième album ses explorations sonores, n’hésitant pas à se distancer du son de ses débuts pour faire la part-belle aux sonorités tant synthétiques qu’organiques.


Les guitares laissent ainsi encore un peu plus la place au piano et claviers, alors que l’orientation plus dance entrevue sur Everything Is New n’est guère perceptible, exception faite du très groovy  « Murder » . Une évolution perceptible dès les premiers titres du disque sur lesquels Jack Peñate mise sur une introspection certaine accompagnée principalement du piano et la guitare acoustique, accompagné de choeurs féminins, avant que le tempo ne monte avec « Round And Round » et ses sonorités orientales.
Si « Murder » fait indéniablement office de point culminant du disque, le touchant « Gemini », adaptation sur fond de piano d’un poème écrit par son grand-père et lu par son père, constitue lui aussi une réussite. Certes, la seconde moitié de l’album peut paraître moins prenante, notamment de par les présences des dispensables « Let Me Believe » et « GMT », mais la soul cuivrée de « Ancient Soul » et l’aérien « Swept To The Sky » porté par des nappes de synthé et le chant de l’artiste offrent une conclusion de choix à cet After You.
Avec ce troisième album, Jack Peñate poursuit son oeuvre là où il l’avait laissée de trop nombreuses années plus tôt. Ne reniant en rien néanmoins avant tout débordant de sincérité.

***1/2

27 novembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Jaakko Eino Kalevi: « Dissolution »

Jaakko Eino Kalevi est un musicien finlandais qui présente sur, Dissolution, ses sept titres nouveaux et imaginatifs, plutôt loin de la dislocation qu’annonce le titre de son opusCelui-ci est un eldorado dansant baigné de lumière, de bon augure en cette saison glaciale. Presque pointilliste, « Out Of Touch » monte en puissance comme il faut, agrégeant petit à petit toutes les bizarreries sonores du disque. Comme sur « Uutiset », ritournelle rétrofuturiste où les ondes captent, au gré d’un rayonnement électrokitsch, les bribes d’un chant exotique.

L’intervention de la chanteuse taïwanaise Yu-Ching Huang apportera un tonus irrésistible, robotique sur « The Source Of Absolute Knowledge », binaire et frénétique sur « The Search », la danse se fait aussi popapocalyptique comme sur « I Am Looking Forward » qui rappelle parfois dans ses refrains John Maus.

Jaako Eino Kalevi dévoile,ainsi, à chaque morceau, une pop chatoyante. Dissolution est rythmé et doux, gentiment exploratoire mais jamais désagrégé, éveillant l’intérêt et stimulant l’appétit.

***

 

27 novembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Mister Goblin: « Is Path Warm ? »

Sam Woodring, Two Inch Astraunots, s’émancipe avec son nouveau projet Mister Goblin. Après avoir publié un premier EP en décembre dernier, le musicien de Silver Spring présente son premier album nommé Is Path Warm ?.

Mister Goblin ne s’éloigne pas de ses origines musicales mais arrive à trouver un compromis sur ces huit morceaux. A mi-chemin entre indie folk et emo, Sam Woodring nous sert des ballades acoustiques telles que « Between You and Me » et « The Forgettery » mais aussi des morceaux pop-punk électriques comme « No Crime Here » et « SYML ».

Avec comme principales thèmes sa crise existentielle et sa santé mentale, le musicien américain réussit tout de même à convaincre avec sa plume touchante et vraie que nature. Sur Is Path Warm?, il cicatrise ses douleurs les plus profondes que ce soit sur « Health Class Teacher » en guise d’introduction mais aussi sur « Calendar Dogs » qui compte également la participation de Sadie Dupuis aux choeurs. Mister Goblin a réussi à se réinventer après l’aventure Two Inch Astronaut et à concilier les influences lorgnant aussi bien du regretté Elliott Smith que Fall Out Boys ou Jimmy Eat World.

***1/2

27 novembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Skemer : »Benevolence »

Le premier album de Skemer aurait pu être une victime du phénomène vite écouté, vite oublié. En effet et, a priori ,la musique proposée par ce nouveau duo belge dans le milieu darkwave n’a rien de révolutionnaire. La voix de Kim Peers, sans être désagréable, n’est pas particulièrement marquante au premier abord. Mais ses nuances se révèlent au fil des écotes, capables d’alterner entre les intonations graves à la Jenny Beth (« Shout or Cry » », »la voix parlée proche de Marie Davidson (« Best ») ou encore le murmure comme sur « Hearbreak ».

Musicalement aussi, la première écoute de ce disque ne convainc pas complètement. Pourtant ce sont les détails qui font la richesse de Benevolence. On peut parler de la beauté des synthés à la fin de « Rhoeas » ou encore du beat lancinant sur « Best ». Mais e sera souvent la guitare de Mathieu Vandekerchove qui fera toute la différence, quand elle se déploie tout au long de « Call Me », venant donner toute sa coloration au morceau, ou bien le solo magique sur « Hearbreak », l’un des meilleurs morceaux de l’album avec « Sunseeker », le premier « single ».


Au final, Benevolence se révèle être un premier album prometteur pour peu qu’on lui laisse le temps de faire ses preuves. Kim Peers et Mathieu Vandekerchove démontrent de sérieux atouts pour se faire une place de choix dans la mouvance darkwave actuelle, surtout sur les titres qui laissent une place à la guitare. Un bon premier essai qui mérite une (ou plusieurs) écoute(s) attentive(s).

***1/2

27 novembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Greg Foat & James Thorpe: « Photosynthesis »

Greg Foat et son ami James Thorpe  se sont enfermés dans un studio de l’Île de Wight pour donner vie à cet album aux couleurs jazz 70’s.

C’est un disque à la tonalité soft jazz 70’s, qui pourrait aussi évoquer par moment du Stereolab ou du Broadcast ralenti. Un disque très tranquille, qui sent bon l’improvisation et qui constitue la troisième réalisation du musicien écossais pour cette année 2019… en attendant un 4e album, The Dreaming Jewels , devant paraître prochainement.

***

27 novembre 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire