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Oso Oso : « basking in the glow »

Jared Lilitri (voix, guitare) est le meneur incontesté de la formation Oso Oso , un groupe américain originaire de Long Beach, New York. Depuis 2015, avec la parution de Real Stories of True People Kind of Looked Like Monsters, le groupe a ratissé les sillons creusés par les Death Cab for Cutie et autres Jimmy Eat World de ce monde. On est ici dans un univers parfaitement power-pop-emo bien tranché et ne visant pas à l’inventivité.

En 2017, Lilitri lançait The Yunahon Mixtapes qui, sous des dehors lo-fi, dissimulait une remarquable sensibilité pop. Oso Oso nous présente maintenant ce que l’on peut considérer comme étant son premier album officiel : basking in the glow. Réalisé et mixé par Mike Sapone (Taking Back Sunday, Public Enemy, etc.), ce nouvel album sonne le glas de l’esthétique préconisée jusqu’à maintenant afin de faire place à un véritable album studio dit « professionnel ».

Le passage du lo-fi à des moyens de production améliorés ne se fait pas toujours sans heurts. Plusieurs groupes en ont même perdu leur personnalité, (Weezer par exemple), et, récemment, seul Car Seat Feadrest était parvenu à faire le saut vers un son plus rassembleur, tout en conservant intacte l’énergie si chère à une formation rock.

Le pari pris par Oso Oso est totalement gagnant. De factures classiques, les chansons de Lilitri coulent de source et la réalisation, ronde et précise, bonifie l’explosivité des refrains. Lilitri est l’un des meilleurs mélodistes qu’on a entendus ces dernières années; un domaine où seul Mikal Cronin lui arrive à la cheville.

Notre compositeur est relativement doué littérairement parlant. Lilitri fait l’éloge de l’élévation de la pensée, de la zénitude en situation d’adversité et de la recherche constante d’un certain équilibre dans sa vie personnelle. Des thèmes pas tout à fait « rock », mais qui dans les mots de Lilitri, recèlent une certaine forme de vérité, per exemple celle qu’il y a des batailles qui ne valent pas la peine d’être menées (« the view ».

Du même souffle, le parolier fera preuve d’une très grande lucidité face à lui-même  sur « impossible game ».

En plus de l’imparable refrain dans « the view », Oso Oso nous offre quelques perles sonores dignes de mention : superbe « one sick plan » (seule composition en mode lo-fi), la conclusive « charlie » et la mélancolique « a morning sun », pour ne nommer que ceux-là.

D’ordinaire, ce genre musical rebute au plus haut point l’auteur de ces lignes, mais Oso Oso possède un charme indicible, un je-ne-sais-quoi qui donne envie d’y revenir. De bonnes chansons bien réalisées et jouées avec sincérité peuvent parfaitement faire l’affaire.

***1/2

24 novembre 2019 - Posted by | On peut se laisser tenter |

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