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Novembers Doom: « Nephilim Grove »

Le doom/death à forte empreinte mélancolique ou gothique est passé de mode, avec un âge d’or situé entre 1995 et 2005. Depuis, on assiste à une résurgence déclinée jusqu’à plus soif et à pléthore d’albums étiquetés sludge, postcore, drone. Autres temps, autres mœurs.
Dans un tel contexte, le retour des Américains de Novembers Doom est une bénédiction. Ce groupe est une légende vivante pour de nombreux fans de doom, et ces derniers considèrent
The Knowing (2000), To Welcome The Fade (2002) et The Pale Haunt Departure (2005) comme de purs chefs-d’œuvre.
Nephilim Grove est le onzième album des Américains, qui fêtent aujourd’hui leurs trente ans de carrière, un parcours sans faute, traversé de consécrations nombreuses, au service de la mélancolie et des guitares saturées. Il n’y a pas à dire, les originaires de Chicago ont le doom/death dans le sang, et nous renvoient l’impression que le temps passé n’a aucune emprise sur leur faculté à émouvoir. Ces neufs nouveaux titres sont puissants, inspirés, raffinés et leur résonnance est assez saisissante. Sur Nephilim Grove, tous les éléments caractéristiques de leur son s’affichent fièrement, flamboyants : l’alternance grunt/chant clair à l’équilibre métronomique, cette facilité à œuvrer aussi bien dans le registre doom que dans le death, la puissance vocale et la présence sépulcrale de Paul Kuhr, ces soli superbes (la conclusion de « Petrichor »)… tout est là, rien ne manque. Les titres forts, eux aussi, s’imposent naturellement (« Adagio » et « The Obelus » font déjà figure de classiques). Le mixage est logiquement assuré par Dan Swäno et donne à l’ensemble, outre un relent de nostalgie nineties, un impact organique à ce spleen death/doom metal de haute volée.

Aucune surprise donc, mais de l’émotion et de l’intensité à revendre : en témoignent les arpèges magnifiques, ces guitares qui se veulent tantôt affutées tantôt écrasantes et la place prépondérante offerte à des mélodies si marquantes. Si leur musique a très peu évolué en trente ans, elle n’en demeure pas moins d’une beauté tragique intemporelle et n’a pas son pareil pour raconter des légendes d’automne, des histoires de ténèbres, des aveux de promesses abandonnées et d’illusions perdues. L’amour, le sang, la mort et si peu d’espoir.  Les thèmes sont certes usés jusqu’à la corde, mais les Américains font partie de ceux qui savent leur donner un sens véritable, sans surenchère, avec volupté et brutalité.
Nephilim Grove rappelle que Novembers Doom demeure un grand groupe, passionné et passionnant, qui sait observer le pays des ombres, l’interpréter, pour lui donner une des plus belles incarnations musicales et poétiques du doom/death. 

***1/2

13 novembre 2019 - Posted by | Chroniques du Coeur |

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