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Pan American: « A Son »

Ceux qui sont familiers avec l’œuvre antérieure de Mark Nelson, souvent mieux connu sous son pseudonyme de Pan American ou pour son travail avec Labradford auraient pu s’attendre à au moins une goutte d’électronique sur A Son, son dernier effort ; le neuvième depuis plus de 20 ans.

Peu importe qu’ils ne comprennent pas, ça n’a jamais été le but. Avec Pan American ou Labradford, ou pour Kranky, son label phare, il ne s’agissaitpas de s’en tenir à un genre musical « parfaitement réglé », qu’il soit question d’électronique, de néoclassique ambient ou autre. La problématique était de remettre en question les frontières de la musique, du son, où elle a commencé, et si lle va être infinie.

Ici, sur A Son, il semble que Nelson ait décidé de commencer par le début, de revenir aux sources, afin de pouvoir avoir une meilleure vision de la direction que prennent les choses. Mais revenir aux racines n’est pas la même chose que de revenir aux racines traditionnelles de la musique en tant que telle. C’est, en quelque sorte, un fait que Nelson explore ici de par la simplicité du son, des instruments acoustiques « originaux », de la guitare ou du dulcimer martelé, comme sur le titre d’ouverture avec un nom explicite – « Ivory Joe Hunter, Little Walter ».

En même temps, c’est aussi la vision personnelle de Nelson des racines, la façon dont il a ressenti cette musique lorsqu’il l’a d’abord expérimentée, et ensuite telle qu’elle a filtré à travers les excursions musicales qu’il a traversées, comme par exemple, sur  « Brewthru » » ou excellera « Dark Birds Empty Fields ». Il n’est pas étonnant que Nelson cite comme source d’inspiration pour cet album June Tabor, The Carter Family, Suicide et Jimmy Reed, mais telle quil l’a vue et filtré par sa vision et son imagination.

Ce que nous obtenons sur A Son de Pan American est pastoral, mais en même temps un album émouvant qui, en regardant en arrière, non seulement dégage l’espace pour avancer, mais fait les premiers pas dans une autre direction, i,édite encore mais prégnante et à fleur des ouïes.

***1/2

7 novembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Jinjer: « Macro »

Les groupes issus d’Ukraine arrivant sous nos lattitudes sont suffisamment rares pour qu‘on les mentionne ; Jinjer en est à son deuxième L.P., après King Of Everything en 2016 et un premier E.P., Micro, dont Macro semble être la suite logique en matière d’appelation.

Jinjer évolue dans un registre metalcore explosif qui ne connaît aucune frontière. Les quatre musiciens naviguent avec brio entre les styles avec l’énergie comme leitmotiv. Écouter le combo, c’est accepter de se prendre une bonne dose de décibels dans les oreilles et, pa conséquent, ne pas épargner ses tympans. Mais le tout n’est pas dénué de musicalité et on oscille souvent entre passages violents et envolées mélodiques.

Un titre comme « On The Top » met tra ainsi une immense claque d’entrée mais se révèlera extrêmement efficace sur son refrain ou son pont qui mettront en lumière la qualité de composition du groupe. « Noah » va ’inscrire dans la même veine avec une violence inouïe mais un charisme évident sur les refrains.

Grâce à cette avidité à donner de multiples facettes à sa musique, on pourra déceler des passages de reggae (« Judgement (& Punishment) » ou encore de death-metal (« Pit Of Consciousness »). Le tout est exécuté de manière ordonnée et avec une aisance assez bluffante pour un groupe aussi jeune. La production rend, elle aussi, grandement hommage aux morceaux et contribue à cette sensation de qualité qui découle du disque. La basse est clinquante, la guitare agressive mais audible, la batterie frénétique et la voix parfaitement ajustée et « Home Back » symbolisera à merveille le travail d’orfèvre réalisé par les Ukrainiens.

Si les trois instrumentistes maîtrisent parfaitement leur sujet, il sera difficile de ne pas mettre la performance vocale encore plus en avant. Tatiana Shmailyuk attire toute l’attention et elle le mérite amplement. Rien ne semble impossible pour elle et sa voix incroyable. Capable de passer d’une mélodie cristalline toute en maîtrise au scream le plus terrifiant, la palette vocale de la vocaliste ne semble connaître aucune limite. Son phrasé est impressionnant et permet d’ajouter des nuances bienvenues aux compositions. Parfois reggae, parfois hip hop (« The Prophecy »), Shmailyuk apporte ainsi cette versatilité qui fait tout le charme du groupe.

Macro est iun opus solide et les neuf titres qui le composent sont d’une richesse incroyable et révèlent une finesse de composition peu ordinaire. Le style plus brut des albums précédents s’est épuré et laisse place à des créations beaucoup plus abouties. Plusieurs écoutes mettent en lumière toute l’expertise du quartette ukrainien, un savoir faire qui force le respect. A l’heure où bon nombre de groupes manquent cruellement d’idées, cet album est une bouffée d’air frais qui fait sensation et pélève Jinjer au statut de futur mastodonte de la scène metal.

****

7 novembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Black Marble: « Bigger Than Life »

La nostalgie est le sentiment qui prédomine à l’écoute de ce troisième album de Black Marble. Il ne s’agit pas de cette nostalgie qui rend triste, celle qui se rapporte à quelque chose qui a été et qui ne sera plus. Il s’agit plutôt de celle qui fait naître un sourire sur les lèvres, où l’on regarde le passé de manière bienveillante et attendrie. Triste donc, mais pas triste en même temps.
Tout dans ce
Bigger Than Life respire la nostalgie. L’utilisation de matériel analogique et la diminution des effets qui voilaient la voix de Chris Stewart contribuent à rendre le disque moins froid, plus organique. « Feels » est probablement le titre qui capture le mieux l’esprit de l’album, tant dans la musique qu’au niveau des paroles. Le clip qui illustre la chanson est d’ailleurs particulièrement réussi et renforce le côté mélancolique du titre grâce à l’utilisation de VHS familiales de Chris Stewart. L’ensemble fonctionne à merveille.


Avec ce disque, Black Marble s’éloigne encore un peu plus de la noirceur de son premier opus
A Different Arrangement (2012) mais gagne en profondeur. Que ce soit la rythmique 80’s ultra répétitive de « One Eye Open » qui donne au titre un aspect quasi lumineux, la douceur adolescente de « Daily Driver », la fantastique ligne de basse de « Private Show » ou encore la beauté du morceau final « Call », les bons moments sont nombreux. On peut sans doute reprocher à Bigger Than Life un aspect parfois itératif, mais l’album dégage un tel charme qu’on le lui pardonnera.

**1/2

 

7 novembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Daniel Martin Moore: « Never Look Away »

On a beau suivre la carrière discrète de Daniel Martin Moore depuis quelques années, jamais son talent ne nous avait semblé aussi évident que sur ce Never Look Away.

Co-produit par le multi-instrumentiste Seth Kauffman (qui a travaillé notamment avec Jim James ou Ray Lamontagne), cet album aux 10 chansons constitue sans doute ce que le songwriter du Kentucky a fait de plus abouti à ce jour, que ce soit en terme de production que de composition.

Enregistré dans le studio de Seth Kauffman à Black Mountain, en Caroline du Nord, l’album est bâti autour de la guitare, du piano et de la voix superbe de Daniel Martin Moore… des éléments auxquels viennent s’ajouter des arrangements (flûte, clarinette, saxophone, violon, violoncelle…) parfaits.

Le résultat est d’une beauté incomparable, nous renvoyant à Nick Drake, Damien Jurado, mais également des artistes comme Ray Lamontagne ou encore Gareth Dickson, avec cette mélancolie mise en musique de façon très convaincante dans des chansons bouleversantes.

Un neuvième album aux harmonies parfaites, sans doute son plus réussi à ce jour.

****

7 novembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire